D’après les données hebdomadaires d’exportations transmises par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) depuis le début du confinement à cause du Covid-19, les envois de bovins français vers l’Italie, autour de 18 500 têtes, sont proches de 2019. En revanche, ceux vers l’Espagne, qui totalisent 7 900 animaux, sont en recul de 9 500 têtes par rapport à l’an passé.

Les inquiétudes persistent

« Selon plusieurs opérateurs, les flux de broutards vers l’Espagne seraient les plus affectés et des baisses de prix exigées », a expliqué Germain Milet lors d’un webinaire organisé par l’Institut de l’élevage (Idele) le 7 mai 2020.

De l’autre côté de la Méditerranée, les envois de broutards sont concentrés sur l’Algérie. Si le confinement engendre de grandes difficultés logistiques, l’application du nouveau cahier des charges limitant l’âge et le poids des bovins maigres ajoute des complications.

« En avril, quelques retards d’envoi sont notifiés, mais pas d’annulation de commandes. À plus long terme, les inquiétudes concernent l’effondrement des prix des hydrocarbures et du tourisme, qui pourrait menacer la capacité de l’État algérien et des opérateurs à émettre des appels d’offres », explique Germain Milet.

Les exportations se sont maintenues au premier trimestre

Si les cours se maintiennent jusqu’en semaine 18, c’est en partie grâce à une offre de broutards très réduite dans l’Hexagone. « Le creux saisonnier des disponibilités, qui s’étale de janvier à juin, est accentué par le repli des naissances de veaux de mère allaitante depuis 2016, explique Germain Milet. Au 1er avril 2020, le stock de mâles de 6 à 12 mois est inférieur de 4 % au niveau de l’an passé et de 6,5 % par rapport à 2016. La faiblesse de l’offre devrait éviter un décrochage des cours dans les semaines à venir. »

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Plus globalement, la France a exporté 301 0000 bovins allaitants de 4 à 16 mois au premier trimestre de 2020, soit +1,2 % par rapport à 2019. « Cette légère progression des exportations sur le premier trimestre, alors même que l’offre en broutards est en net recul, indique un repli des mises à l’engraissement en France », complète l’Idele dans sa note de conjoncture hebdomadaire.

Les femelles ont moins la cote en Italie

Les mâles de race charolaise, très majoritairement destinés à l’Italie, conservent un niveau de prix semblable à l’an passé. « En revanche, les limousins et croisés de 300 kg, davantage exposés au marché espagnol, pâtissent de cotations plus dégradées », constate Germain Milet.

C’est aussi le cas des femelles, qui voient leurs cours se replier après quatre années consécutives en hausse. Ce recul des prix des femelles est observé depuis la fin de 2019. » Il s’explique par une demande italienne plus modérée tandis que les envois de mâles progressent vers cette même destination.

Lucie Pouchard