« Les cours des broutards, bien qu’en dessous des niveaux de 2018 et de 2019, se maintiennent globalement », informe Philippe Chotteau, responsable du département de l’économie à l’Idele (Institut de l’élevage) lors d’un point de conjoncture le 9 avril 2020.

En lien avec les faibles naissances de 2019, « le mois d’avril sera le point d’étiage des disponibilités en broutards. Et la faiblesse de l’offre saisonnière sera particulièrement marquée en charolais », relève l’expert. En effet, l’outil de modélisation de l’Idele prévoit un recul de la disponibilité des broutards mâles et femelles charolais de 7 % en avril 2020 contre 3 % en race limousine, par rapport à l’année passée.

« Les exportations vers les pays tiers continuent de ralentir »

Du côté des exportations, les achats italiens sont quasi stables sur quatre semaines (du 8 mars au 4 avril 2020). Les envois de bovins vivants, qui comptabilisent près de 75 800 têtes, se rapprochent du niveau atteint en 2019 (–1 %). « La consommation de bœuf en grandes et moyennes surfaces (GMS) soutient cette demande », complète l’Idele.

En revanche, la demande espagnole flanche (–20 %). « Elle se serait nettement contractée en semaine 13 (23 au 29 mars 2020) et 14 (30 mars au 5 avril 2020), notamment dû aux incertitudes actuelles sur les débouchés du jeune bovin, tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation sur pays tiers », indique l’Idele.

Il faut dire que les perspectives de commerce à destination des pays tiers s’assombrissent un peu plus chaque jour. « Les envois à destination de la Tunisie sont toujours stoppés. Le commerce vers l’Algérie reste, quant à lui, compliqué face aux contraintes de confinement et au manque de trésorerie des grands opérateurs publics depuis l’effondrement du prix des hydrocarbures », rapporte Philippe Chotteau.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins maigres

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