« Les cotations nationales confirment bien un maintien des cours en dépit des difficultés jusqu’à présent », soulignait la Fédération française des commerçants aux bestiaux (FFCB) dans un communiqué publié le 10 mars 2020. Une tendance confirmée par Benoît Albinet, directeur de Deltagro Export, quelques heures avant l’allocution d’Emmanuel Macron le lundi 16 mars 2020 au soir. « Au lieu de fonctionner à la semaine, nous adaptons les volumes au jour le jour. Même sans grande visibilité, le creux saisonnier permet de limiter les dégâts causés par l’épidémie », analyse-t-il.

À lire aussi : Bovins maigres, le coronavirus tend les relations entre éleveurs et commerçants (11/03/20)

Les camions continuent de circuler

En réaction aux mesures de confinement prises par le gouvernement italien le 9 mars dernier, le ministère de l’Agriculture indiquait le 11 mars, que « les transports professionnels de marchandise [dont les animaux vivants] restaient possibles », sous conditions. « En cas de contrôle des forces de l’ordre, le conducteur doit justifier de son déplacement au moyen d’un formulaire d’auto-déclaration ». Et de fait, « les contraintes d’agrément restent inchangées à l’heure actuelle », confirme Michel Fénéon, directeur administratif et financier d’EuroFrance, le 18 mars 2020.

Le creux saisonnier limite l’impact du Covid-19

« Le marché des broutards reste relativement préservé des perturbations majeures que connaît l’Italie avec l’épidémie de Covid-19. Considérée comme essentielle à l’approvisionnement des ménages, l’activité du secteur est en grande partie maintenue », observe l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa note de conjoncture publiée le 17 mars 2020. Les disponibilités, qui restent modestes à cette saison, permettent au secteur du maigre de bénéficier « d’un commerce relativement fluide et de prix stables sur la quasi-totalité des catégories ».

« Tant que les ateliers d’engraissement et les abattoirs fonctionnent, nous continuerons de travailler », assure Benoît Albinet. « Le couvre-feu puis la fermeture imposée aux établissements de restauration hors domicile favorisent à court terme les achats de viande de boucherie et GMS, qui font la part belle à la viande issue de broutards français », conforte l’Idele, qui recense une accélération des abattages en Italie au cours de la deuxième semaine de mars.

À lire aussi : Coronavirus, une opportunité pour les viandes françaises ? (18/03/2020)

La prudence reste de mise

Bien que l’offre limitée soutienne les cours, « l’incertitude plane pour les prochaines semaines sur les demandes italienne et algérienne », prévient l’Idele. Les exportateurs français, qui marchent à vue, restent prudents dans leurs achats, anticipant des mesures plus strictes appliquées aux frontières.

L’Algérie, qui dénombre 20 cas confirmés de Covid-19 sur son sol au 10 mars dernier, a déjà interdit tous les rassemblements. « Pour l’heure, le pays n’a pas fermé ses portes au commerce de broutards. Des contrôles de l’équipage sont effectués à l’arrivée des bateaux, rapporte Michel Fénéon. La chute des cours du pétrole au début de mars est un autre élément perturbateur qui nous a poussés à mettre notre activité d’exportation en veille. Avec les procédures de mise en quarantaine des animaux, nous ne voulons prendre aucun risque. »

Ainsi, à l’approche du mois de Ramadan (23 avril), l’épidémie de Covid-19 pourrait ne pas être la seule à compromettre les envois vers l’Algérie.

Lucie Pouchard

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Marché fluide

La fluidité commerciale est assurée par les faibles volumes mis en marché, après une semaine dédiée aux moissons et au ramassage de l’herbe.