Depuis la fin du mois de juin, le loup a fait irruption dans le Charolais, berceau de la génétique ovine et bovine, semant colère et consternation. Le 5 septembre 2020, vingt et une attaques, portant à soixante-cinq et vingt-trois le nombre d’ovins tués et blessés, étaient officiellement enregistrées.

À lire aussi : Un veau dépecé par un loup dans la stabulation (14/09/2020)

Un contexte de bocage

En déplacement sur la ferme de Claude Ducert, premier éleveur victime du carnivore – quatre attaques consécutives –, Jean-Paul Celet, le préfet référent national sur la politique du loup, s’est rendu compte du contexte particulier de ce territoire bocager au parcellaire morcelé, où l’élevage se fait en petits lots.

Chez l’éleveur sélectionneur de Martigny-le-Comte (Saône-et-Loire), les cent vingt brebis inscrites, leurs agneaux et les agnelles sont ainsi répartis en douze lots. Les cent dix vaches charolaises et leur suite sont allotées dans quinze parcelles différentes. Au cours de la saison, les animaux changent de champ, afin de suivre la pousse de l’herbe sur les 168 hectares.

« Pour clôturer efficacement toutes les prairies, il faudrait des dizaines de kilomètres de filets, estiment les éleveurs. Quant aux patous, il en faudrait un à deux par lot, et compte tenu des villages rapprochés, la question de cohabitation se poserait rapidement. »

À lire aussi : Les règles pour la régulation des loups (21/08/2020)

Agir avant qu’une meute ne s’installe

Estimant incompatible leur activité d’élevage et de sélection, avec la présence du prédateur, les éleveurs demandent l’application rapide de tirs de prélèvement du loup par les louvetiers, avant qu’une meute ne s’installe. Pour l’instant, des tirs de prélèvement simple ont été autorisés pour les éleveurs dont les troupeaux ont été prédatés. Des tirs renforcés, opérés par des louvetiers, ont été mis en place après les trois dernières attaques.

Alors que la France a dépassé le seuil de viabilité de l’espèce loup, le préfet référent s’est déclaré volontaire pour réfléchir à la façon d’adapter le dispositif national à la situation spécifique de ces zones d’élevage bocager, tout en restant dans le cadre du dispositif réglementaire européen.

À lire aussi : Dégâts de gibier, le loup comme remède contre les sangliers ? (13/08/2020)

Anne Bréhier

Le 1 © A. Bréhier