Ces résultats ont été présentés lors de la réunion annuelle de l’observatoire prospectif de l’agriculture Bourgogne-Franche-Comté, une structure pilotée conjointement par les chambres d’agriculture et les CerFrance avec le soutien de la région.

« L’amélioration sensible du prix des broutards (+2,5 % par rapport à 2017) n’a fait que compenser la dégradation des prix de la viande », observait Bruno Laurent, du CerFrance Saône-et-Loire, le 13 juin à Dijon (Côte-d’Or). Après vingt ans de baisse constante de leur revenu, les éleveurs bovins allaitants sont-ils condamnés à être les travailleurs pauvres de l’agriculture ?

Sous le seuil de pauvreté

Comme dans les autres filières bourguignonnes (lait, grandes cultures), les chiffres moyens masquent une grande dispersion : les stratégies individuelles, la capacité des agriculteurs à s’adapter à un marché et à un environnement toujours plus complexe, leur niveau de résilience par rapport à la fréquence des aléas climatiques, et l’historique des exploitations déterminent le niveau de rentabilité des élevages.

Les 24 % d’éleveurs spécialisés allaitants qui ont les meilleurs résultats affichent un revenu courant par UTAF de 20 000 € par an. Pas de quoi « pavoiser » quand on connaît le montant des capitaux investis (400 000 € par actif non salarié (3)), le travail et l’énergie consacrés à la conduite de ces élevages.

Le triste constat présenté à Dijon recouvre celui dressé récemment par l’Insee, indiquant que « 26 % des familles du bassin allaitant charolais vivent sous le seuil de pauvreté ».

Anne Brehier

(1) Unité de travail agricole familial.

(2) En euros constants en tenant compte de l’inflation sur un échantillon de 1 588 exploitations du réseau CER France Bourgogne-Franche-Comté.

(3) Capital d’exploitation moyen comptable déprécié par rapport à la réalité économique par le jeu des amortissements. Seule la moitié du capital peut être supportée par l’endettement.