Avec la mise en consultation de ce nouveau plan loup, « le gouvernement se fixe un double objectif, précise le ministre dans sa vidéo. Le premier c’est assurer la viabilité, pour l’instant incertaine, de l’espèce sur notre territoire. C’est un objectif non négociable. »

À partir de quel moment le ministre estime-t-il que le destin du prédateur ne sera plus incertain ? « Le nombre actuel – 360 loups, bientôt sans doute 400 – est encore insuffisant, et nous visons au moins 500 avant la fin du quinquennat », souligne-t-il.

« On ne peut exiger des pays africains qu’ils protègent leurs lions si nous-mêmes en France on n’est pas capable de cohabiter avec le loup et l’ours. […] C’est un défi de civilisation que propose de relever ce plan. »

Les éleveurs « à parité » avec le loup

Le ministre semble se soucier du sort des éleveurs confrontés au loup. « Le deuxième objectif, à parité avec le premier, est la protection des éleveurs et troupeaux », ajoute-t-il, évoquant une « priorité absolue » au « renforcement des mesures de protection ».

Pour ceux qui en douteraient encore, ce n’est pas de gaieté de cœur que Nicolas Hulot évoque « le seuil malheureusement incontournable de prélèvement annuel. Les scientifiques préconisent qu’il ne soit jamais supérieur entre 10 et 12 % de la population. »

Au passage, Nicolas Hulot tacle ses prédécesseurs concernant la fixation « arbitraire » de ce seuil. « La méthode qui a été employée pour essayer de rendre possible cette cohabitation n’était pas satisfaisante parce qu’elle privilégiait la gestion à court terme. »

40 prélèvements par an

Le nombre de prélèvements annuels ne dépasserait donc plus 10 % de la population de loups. « Cela signifie limiter les prélèvements à 40 individus en 2018. Ce n’est pas idéal mais c’est un chiffre stable alors que la population croît de 10 % », souligne Nicolas Hulot.

Le plan met l’accent sur les mesures de protection des troupeaux. « Même si la protection est efficace dans la majorité des cas, force est de constater, et il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, il arrive que ces mesures échouent et qu’elles ne suffisent pas », poursuit le ministre.

Et que propose-t-il dans ce cas ? « Et là, j’en suis contrit, mais l’accès à la légitime défense pour l’éleveur dont le troupeau est tout de même attaqué doit être facilité. L’éleveur doit pouvoir se défendre en cas d’attaque en ciblant malheureusement les loups responsables. »

Concernant l’indemnisation des éleveurs victimes d’attaques (3,2 millions d’euros ont été accordés en 2016, soit +60 % depuis 2013), elle sera désormais soumise à la mise en place préalable de mesures de protection.