Le comité de suivi (1), créé en 2019, vient de rendre ses conclusions sur le dispositif de contrôle par vidéo en abattoir. La loi adoptée le 30 octobre 2018 à l’issue des États-généraux de l’alimentation prévoyait, pour une durée de deux ans, que les abattoirs puissent s’équiper, à titre expérimental et sur la base du volontariat, d’un dispositif de contrôle par vidéo des postes de saignée et de mise à mort.

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Dans le cadre de cette expérimentation, « seuls cinq abattoirs ont fait acte de candidature », informe le rapport du CGAAER publié le 17 mai 2022. Bien que le nombre de participants ait été limité, l’enquête « confirme l’intérêt de la vidéosurveillance si sa mise en œuvre est convenablement encadrée ».

Une surveillance jugée « efficace »

C’est un « outil de progrès », permettant de réduire les non-conformités éventuelles dans les procédures de maîtrise de la protection animale en abattoirs, assure le comité de suivi de cette expérimentation.

Si l’installation de caméras vidéo venait à se généraliser, « elle rentrerait sans doute dans la normalité », estiment les experts. Selon eux, c’est un dispositif qui peut permettre de surveiller efficacement les animaux vivants jusqu’à leur mise à mort. Il pourrait s’avérer particulièrement pertinent pour contrôler l’absence de signes de conscience.

Dans le périmètre de l’expérimentation, le comité de suivi a tout de même considéré qu’il fallait étendre le dispositif de contrôle par vidéo à la fin de l’amenée, la contention, l’étourdissement et la saignée.

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Centrer les images produites sur l’animal

Afin de faciliter son acceptation auprès des employés d’abattoir, le CGAAER suggère de « reconsidérer l’usage de la vidéo, non comme un “outil de reportage” avec des caméras à grand angle, mais comme un outil réel de contrôle avec des images axées sur l’animal ».

« L’important est d’enregistrer les mouvements de l’animal (avancée, recul, blocage, tremblements…), son comportement, son état et les éventuelles mauvaises manipulations qu’il pourrait subir », reprend le rapport. Dans le cas d’un mauvais geste atteignant l’animal, « l’heure de la prise de l’image permettrait aux responsables de l’abattoir d’identifier l’opérateur et de prendre les mesures appropriées », tranchent les experts.

Une généralisation du dispositif encouragée

S’agissant du traitement des vidéos, « l’intelligence artificielle doit pouvoir permettre d’analyser les images produites centrées sur l’animal pour identifier les anomalies au regard par exemple de la régularité des mouvements dans un couloir d’amenée, du temps entre l’application de la mesure d’étourdissement et de la perte d’équilibre ou de la position de l’animal lors de la saignée », émet le rapport.

« Ainsi conçu, le système de contrôle par vidéo pourrait s’intégrer dans un système d’amélioration continue des procédures et des pratiques de l’abattoir », concluent les experts.

À travers son retour d’expérience et les entretiens menés sur site, le comité de suivi considère que le dispositif de contrôle par vidéo s’avère « très positif ». « Il convient d’en encourager la généralisation », soulignent-ils. Pour autant, « le coût des installations étant un facteur limitant, la prise en charge de ces équipements dans le cadre du plan de relance est une action déterminante de la politique de l’État dans ce domaine ».

Lucie Pouchard

(1) Le comité de suivi de cette expérimentation rassemble les administrations, des fédérations d’abatteurs et interprofessionnelles, les syndicats professionnels et les associations de protection animale. La présidence a été confiée à un membre du CGAAER, les parties prenantes ayant considéré cela comme un gage d’impartialité.