Fidèle à son habitude, l’association ne cache rien de l’endroit où elle a réalisé sa vidéo intitulée « Vie de misère pour les poulets d’Auvergne ». Elle a choisi un élevage de poulets à Solignat, dans le Puy-de-Dôme. Dans cette « enquête » diffusée ce 9 mai 2019, L214 estime à 27 000 le nombre d’animaux « entassés [dans le poulailler] sans avoir jamais vu le jour ».

Dépôt de plainte

Philippe Mallet, gérant de l’exploitation, s’est dit « scandalisé » par l’intrusion de vidéastes dans son bâtiment. Il a annoncé qu’un dépôt de plainte était « en cours » à la gendarmerie. « Il faut arrêter de taper sur le dos des éleveurs comme ça. Nous, on élève les poulets dans le respect. Ils ont isolé des images de quelques animaux sans montrer les 99 % d’autres qui n’ont pas de souci », a-t-il dénoncé, accusant L214 de vouloir ainsi « nuire à la profession et empêcher les gens de manger de la viande ».

De son côté, la préfecture du Puy-de-Dôme a indiqué à l’AFP qu’une équipe de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) serait dépêchée sur place « dans les prochains jours », notamment pour vérifier si les conditions d’élevage sont « conformes au cahier des charges et à la réglementation ».

Deux passages dans les bâtiments

L’organisation explique que l’élevage « sous contrat avec Axereal […] comprend deux bâtiments de plus de 20 000 poulets chacun. Dans ces bâtiments d’où ils ne sortent jamais, les animaux sont entassés à plus de 22 par m². Nos caméras ont filmé leur vie en élevage vers l’âge de 30 jours, et le moment où ils sont mis en caisses avant leur départ pour l’abattoir. »

L’association décrit des « poulets en souffrances » dans un élevage qualifié d’intensif. Elle montre des cadavres de poulets, évoquant notamment les volatiles les plus petits qui « meurent de faim et de soif » parce qu’ils ne peuvent pas accéder aux mangeoires et aux abreuvoirs. « Sélectionnés génétiquement pour grossir très vite, les pattes ne supportent pas leur corps. »

Retour sur place pour l’enlèvement des poulets

L214 a aussi filmé l’enlèvement des poulets. « Vers 35 jours les poulets sont brutalement ramassés par les pattes pour être envoyés à l’abattoir. Tournées en avril 2019, les images montrent l’enfer de l’élevage intensif et la violence avec laquelle les oiseaux sont ramassés et entassés dans des caisses le jour du départ à l’abattoir. »

L’association antispéciste en profite pour souligner que l’Auvergne n’est pas seulement « synonyme de poulets “fermiers”, “Label rouge”, “élevés en plein air”… C’est oublier que des poulets y sont également détenus en élevages intensifs, comme partout ailleurs. Et quel que soit le mode d’élevage, leur mise à mort à l’abattoir est la même : cruelle et douloureuse. »

L214 explique que la diffusion de cette enquête est accompagnée d’une « grande campagne d’information et de sensibilisation à Clermont-Ferrand : affichage sur les bus et les axes routiers, diffusion d’un spot radio, tractage de masse… » Où l’association veut-elle arriver exactement ? À faire signer son manifeste contre l’élevage intensif… Et à dégoûter les consommateurs.

E.R. avec l’AFP