« Nous demandons purement et simplement l’annulation du décret autorisant les vétérinaires à prescrire l’usage d’anesthésiants locaux pour la castration », affirme Jean-Jacques Riou, éleveur de porcs le Finistère. Avec sept autres producteurs, il a officialisé la création de l’association « Pour le bien-être animal porcin et la non-castration des porcs », dont il est le président, le 10 novembre 2020.

Pour ce collectif, l’interdiction de la castration à vif, qui entrera en vigueur le 31 décembre 2021, ne convient pas aux éleveurs. « Cela signifie que nous serions obligés d’injecter un anesthésique localement au niveau de chaque testicule vingt minutes avant la castration, en plus de l’antidouleur par voie intramusculaire. C’est un non-sens économique et sociétal », appuie Jean-Jacques Riou.

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«Résistance» des abatteurs

Car l’association avance une « distorsion » de 8 € par porc en sortie d’élevage, entre un mâle castré et entier. « Cette somme représente plus que le revenu moyen des éleveurs sur la dernière décennie, souligne Jean-Jacques Riou. C’est donc un enjeu crucial pour toute notre filière et une possibilité de regagner de la compétitivité par rapport à nos voisins européens qui pratiquent déjà la production de mâles entiers. »

Les principales résistances viendraient du maillon de l’abattage, pour qui « il est très confortable de réceptionner des mâles castrés, sans contraintes ni coûts supplémentaires, estime le président du collectif. Or moins de 1 % des animaux présentent un risque d’odeurs, et des techniques certifiées existent pour gérer cet enjeu ».

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La balle dans le camp des groupements

L’association plaide pour une gestion du contrôle des carcasses odorantes par Uniporc dans tous les outils d’abattage. Ceci afin, afin de garantir « l’unicité de la pesée, du classement, de la détection des odeurs » ainsi que « l’équité entre éleveurs et abattoirs ». « L’éleveur assumera les coûts de ces contrôles ainsi que les pénalités nécessaires à la valorisation de la carcasse odorante », précise-t-elle.

Jean-Jacques Riou en appelle toutefois à une réaction collective de la part des groupements de producteurs. « Sans quoi, les éleveurs n’auront que deux solutions : castrer avec anesthésie et rester dans leur groupement, ou quitter leur groupement pour vendre leurs porcs non castrés aux abattoirs preneurs ».

Vincent Guyot