Le 17 juillet 2020, dans un communiqué, le distributeur Lidl a annoncé qu’il se donnait « tous les moyens pour remplir les critères » de l’European Chicken Commitment (ECC), un cahier des charges défendu par une trentaine d’ONG de protection animale, dont L214, pour améliorer les standards d’élevage et d’abattage de la filière avicole.

Parmi les critères de ce cahier des charges, on trouve : moins d’animaux au mètre carré, l’arrêt de l’utilisation de souches de poulet à croissance rapide, l’entrée de lumière naturelle dans les bâtiments d’élevage, l’installation de perchoirs… Lidl emboîte ainsi le pas aux groupes Casino, Les Mousquetaires (Intermarché, Netto), Auchan, Système U ou Carrefour, qui s’étaient déjà engagés à respecter d’ici à 2026 l’ECC pour les produits commercialisés sous leur marque de distributeur (MDD) contenant plus de 50 % de poulet.

Deux objectifs difficilement atteignables

L’enseigne émet toutefois des réserves. Elle affirme « après consultation des fournisseurs et producteurs partenaires » que deux objectifs sont difficilement atteignables par la filière avicole française d’ici à 2026 : la réduction de la densité dans les bâtiments et l’arrêt de l’utilisation de poulets à croissance rapide.

« Bien sûr, le bien-être animal est aujourd’hui plus qu’essentiel à nos yeux », déclare Michel Biero, directeur exécutif des achats et du marketing chez Lidl France. « Mais je tiens à alerter très, très fortement sur les risques économiques pour la filière avicole française », poursuit-il, soulignant que l’enseigne est aussi attachée au « bien-être de l’éleveur ».

Un engagement opportuniste ?

Il appelle « toutes les parties prenantes » — agriculteurs, transformateurs, distributeurs mais aussi ONG — « à échanger sur ces sujets » afin que la décision ne s’applique pas « unilatéralement » aux producteurs. « On pourrait mettre plein de choses en place, créer un fonds ensemble » pour aider les agriculteurs à faire face aux investissements nécessaires, suggère-t-il.

La communication du distributeur « ne répond pas aux mesures minimales attendues par une majeure partie des citoyens et que nous portons auprès de Lidl depuis plus d’un an », a réagi L214 dans un communiqué. Pour l’association antispéciste, l’enseigne a été « probablement informée » qu’elle serait visée mardi par une campagne « peu flatteuse » et tente de l’« esquiver » en publiant un « engagement au rabais ».

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AFP