« Interdisons l’élevage en cage en Europe et via les importations ! » C’est en ces termes que l’ONG Foodwatch lance une pétition à l’attention de la Commission européenne ce mercredi 19 mai 2021. Rédigée conjointement avec le CIWF France et l’initiative citoyenne européenne « End the Cage Age », elle fustige « l’inaction » européenne et les « faux prétextes » (fausses raisons).

« Le libre-échange ne doit pas passer avant la protection des animaux »

Dans la ligne de mire de la pétition : « un argument de politique commerciale, prétendant que des normes de bien-être animal plus élevées dans l’Union européenne entraîneraient une augmentation des importations à bon marché en provenance de l’extérieur de l’Union européenne. »

Argument jugé « inacceptable : le libre-échange ne doit pas passer avant la protection des animaux, de l’environnement et des aspirations des citoyens et citoyennes en Europe à une société plus juste. » Les signataires y voient une « excuse pour justifier l’inaction » de la Commission européenne.

Selon eux, « cet argument ne constitue pas un obstacle à l’interdiction de l’élevage en cage dans l’Union, car l’Europe peut et doit prendre des mesures pour s’assurer que l’amélioration du traitement des animaux, moralement requise, soit préservée des importations à bon marché en provenance de pays tiers. »

« Pas de faux prétexte à l’inaction »

Foodwatch poursuit son argumentaire. L’ONG explique que le risque que représentent les importations à bon marché est « un faux prétexte » (fausse raison) car « seuls pourront être importés les produits d’origine animale traités avec les mêmes exigences en matière de bien-être animal que celles qui seront en vigueur sur le marché intérieur de l’Union européenne. »

Et rappelle ensuite qu’« il ne s’agit pas de mesures protectionnistes contre le commerce international. Ce sont des mesures qui, s’appuyant sur les principes fondamentaux du droit européen ainsi que sur des impératifs moraux, visent à mettre le traitement équitable des animaux d’élevage en conformité avec la politique commerciale extérieure de l’Union. »

« La bataille n’est pas encore gagnée »

Malgré tout, les signataires rappellent que si certains eurodéputés et commissaires se sont déjà prononcés en faveur d’une interdiction de l’élevage en cage dans l’Union européenne, « le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, pourrait mettre son véto ».

C’est donc parce que Foodwatch estime que « la bataille n’est pas encore gagnée » que la pétition sera envoyée à Valdis Dombrovskis et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. En conclusion, les signataires leur demandent de s’assurer que « l’Union européenne renforce efficacement la protection des animaux d’élevage en Europe tout en prenant les mesures nécessaires en matière de politique commerciale. »

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Oriane Dieulot