L’association de défense des animaux CIWF France s’attaque cette fois à deux des fromages italiens les plus connus, le parmesan et le grana padano. Elle estime qu’ils seraient produits avec du lait provenant de vaches « surexploitées » et « enfermées en permanence ». L’association a porté cette accusation le 25 novembre 2017, après la diffusion d’une vidéo filmée dans neuf exploitations de la vallée italienne du Po. Dans la foulée, elle a lancé une campagne #notonmypasta (« pas sur mes pâtes »), pour pousser les producteurs à imposer des critères minimaux de bien-être animal.

« Traités comme des machines à lait »

« Le parmesan et le grana padano sont présentés comme des fromages de très bonne qualité alors qu’en fait pour les vaches, rien n’est plus loin de la vérité, déclare Emma Slawinski, directrice des campagnes pour CIWF. Ce que nos enquêteurs montrent, c’est la vie misérable des animaux dans les élevages industriels. On y trouve des animaux très émaciés, surexploités, traités comme des machines à lait, souffrant pour que nous puissions ajouter quelque chose sur nos pâtes. »

Qu’est-ce qu’une vache « surexploitée » du point de vue du CIWF ? Une vache avec une griffe branchée sur la mamelle, des prim’holsteins avec des côtes saillantes des prim’holsteins ou encore une vache couchée dans le couloir. Bref des scènes de la vie courante dans un élevage. D’autres images laissent toutefois apparaître des animaux boiteux dans une stabulation qui mériterait un bon coup de racleur.

En cours de réflexion

Un porte-parole du consortium des producteurs de parmesan a confirmé que le bien-être animal n’entre pour l’instant pas dans les critères imposés aux producteurs de lait car « ce n’est pas quelque chose qui a un impact, autre que marginal, sur la qualité du produit ». Avant d’ajouter que le consortium est en train d’examiner la question et s’apprête à mettre en place un système destiné à assurer un minimum de bon traitement des animaux.

H.C. avec l’AFP