Le jeudi 20 janvier 2022, les eurodéputés ont adopté, à une large majorité (557 voix pour, 55 contre et 78 abstentions), les recommandations formulées par la commission d’enquête sur la protection des animaux pendant le transport. Elles visent notamment à limiter les durées de trajet des animaux destinés à l’abattage selon les espèces et les catégories d’âge.

Faire appel à l’expertise scientifique

En réaction au vote en plénière, le Copa-Cogeca insiste sur la nécessité de baser les recommandations sur des preuves scientifiques solides. Alors que la législation en matière de bien-être animal doit être révisée dans les mois à venir, « nous ne pouvons pas soutenir la fixation d’un âge ou d’une durée spécifique pour le transport avant qu’un impact scientifique et socio-économique approfondi n’ait été réalisé », révèle Miguel Angel Higuera, président du groupe de travail sur le bien-être des animaux du Copa-Cogeca.

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Les organisations et coopératives agricoles de l’Union européenne (UE) soutiennent le principe « d’un calendrier de transport adapté aux espèces, basé sur le principe “du moins possible, autant que nécessaire” pour garantir la compétitivité et un équilibre approprié » dans les échanges intra- et extracommunautaires.

La qualité du transport d’abord

Mais « l’expérience pratique et la recherche scientifique ont montré que les principales priorités devraient être la qualité du transport et l’aptitude à voyager, plutôt que la distance ou la durée de voyage », justifie le Copa-Cogeca. Avant d’ajouter que de nombreuses améliorations technologiques sont disponibles pour améliorer le bien-être et le confort des animaux durant le transport.

Le président du groupe de travail sur le bien-être des animaux suggère à la Commission européenne de faire appel à l’Efsa pour « examiner les ajustements fondés sur la science comme moyen d’améliorer la qualité du transport, plutôt que de se concentrer uniquement sur la réduction de la durée du voyage ».

Les ONG en colère

De leur côté, les associations de protection animale telles que Compassion in World Farming (CIWF) sont loin d’être satisfaites du résultat du vote. Pour Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France, « le Parlement a manqué une occasion unique d’exercer son influence en faveur de meilleures conditions de transport des animaux, réclamées depuis longtemps par les citoyens européens ».

Dans une pétition soutenue par 900 000 signataires, CIWF et trois autres ONG appelaient les députés européens à « renforcer leurs recommandations » en interdisant l’exportation d’animaux vivants en dehors de l’UE et le transport d’animaux non sevrés. Les associations préconisaient également une durée maximale de transport sur de longues distances de huit heures pour les bovins, porcins et ovins adultes et de quatre heures pour les volailles et les lapins.

Des actions sont déjà engagées, selon Bruxelles

Lors de la plénière hier matin, Stella Kyriakides a indiqué que Bruxelles n’attendrait pas 2023 pour agir en faveur du bien-être animal. « Nous travaillons déjà cette année pour faciliter les contrôles officiels lors du transport d’animaux vivants par voie maritime », informe la commissaire européenne à la Santé et la Sécurité alimentaire.

Elles comprennent notamment :

  • Des contrôles renforcés des plans d’urgence au cours des trajets,
  • La mobilisation des équipes d’inspection composées de vétérinaires et d’ingénieurs,
  • L’obligation pour les autorités de tenir un registre des prévisions météorologiques et une base de données commune de l’UE pour enregistrer les résultats des contrôles officiels des navires de transport de bétail, qui peut être partagée par tous les États membres.

En outre, « cette année, nous effectuerons des audits sur les bateaux et sur le transport routier de veaux non sevrés », projette Stella Kyriakides.

Lucie Pouchard

(1) Four Paws, WeMove Europe et Animals International.