Fin de l’élevage de visons d’Amérique d’ici à cinq ans en France. Lors d’une conférence de presse ce 29 septembre 2020, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique a listé les différents chantiers prioritaires « pour améliorer la prise en compte des besoins physiologiques de la faune sauvage captive. » Certains prennent en compte les revendications portées par le RIP « pour les animaux ».

« Une transformation qui n’est pas pensée contre les professionnels »

Ce chantier « prioritaire » a été décidé à l’issue de plusieurs mois d’échanges sur le sujet avec des ONG, des représentants professionnels, des élus et des experts, affirme le communiqué de presse diffusé par le ministère après la conférence de presse. Concernant l’élevage des visons pour la fourrure, le communiqué de presse du ministère prévoit :

  • L’interdiction immédiate d’ouverture de nouveaux élevages de visons d’Amérique ;
  • La fin de l’élevage de visons d’Amérique sur le territoire français en 2025.

« C’est une transformation de secteurs entiers que nous engageons, une transformation qui n’est pas pensée contre les professionnels concernés, qui seront accompagnés par le Gouvernement et qui représentera une avancée majeure pour la condition animale en France », écrit Barbara Pompili.

Et d’ajouter : « Une concertation aura lieu avec l’ensemble des secteurs professionnels considérés pour accompagner ces transitions dans les meilleures conditions pour les entreprises, les personnels et les animaux. »

Pour accompagner ces transitions « dans les meilleures conditions pour les entreprises, les personnels et le animaux », le ministère propose de participer à l’amélioration de la formation des professionnels de chaque filière.

Il compte également améliorer et actualiser la formation des agents de l’État, en charge des contrôles, par des échanges de bonnes pratiques entre les services. Enfin, il veut inclure le bien-être animal de la faune sauvage dans la formulation initiale des services en charges et réfléchir sur le placement des animaux.

En plus de cette mesure, d’autres concernent les cirques, les delphinariums et les parcs zoologiques.

L214 salue une avancée

Connue pour ses vidéos chocs et son combat contre l’élevage dit intensif, L214 se réjouit dans un communiqué de presse diffusé ce 29 septembre 2020, « d’une telle avancée, attendue par les citoyens et répondant à la demande portée par les associations. »

Selon cette association anti-élevage, « la France comble ainsi un retard important vis-à-vis d’autres pays européens. » Brigitte Gothière, sa porte-parole écrit : cette annonce « ne doit pas masquer les avancées nécessaires et attendues sur l’élevage intensif qui concerne quant à lui plus d’un milliard d’animaux. »

Elle ajoute que dès le mercredi 30 septembre, de nouvelles images d’enquête seront diffusées « pour que les députés aient la réalité de l’élevage intensif à l’esprit lors des discussions et votes de la proposition de loi du groupe Écologie démocratie solidarité (EDS) qui auront lieu les 1er et 8 octobre. »

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2 500 emplois qualifiés menacés

Autre message du côté de la Fédération française de la fourrure : cette décision, si elle devait être confirmée, est « infondée scientifiquement, anti-démocratique par l’absence de consultation qui l’entoure et inconstitutionnelle », éstimait la fédération le 27 septembre 2020.

Selon elle, les professionnels concernés affirment n’avoir été auditionnés qu’après le dépôt de la proposition de loi. Un « mépris du pouvoir en place à leur égard comme à l’égard du monde de la production animale et la ruralité dans son ensemble. »

Plus encore, cette mesure « sans précédent sacrifie un secteur économique et des emplois pour satisfaire aux revendications de la minorité agissante animaliste, dite “antispéciste”. » 2 500 emplois qualifiés comprenant les autres activités de la filières, tels que les bureaux d’études, le design, la fabrication de prototypes, etc, seraient ainsi menacés.

Des délocalisations et des plans sociaux seraient donc inévitables, plusieurs membres de la Fédération ayant indiqué avoir déjà dû engager des démarches, détaille le communiqué de presse en date du 27 septembre dernier.

Pour conclure, la Fédération ajoute qu’une telle interdiction « à l’évidence contraire au principe de la liberté d’entreprendre, lequel fait partie du bloc de constitutionnalité », amènerait la filière fourrure à solliciter de la part des députés, la saisine du Conseil Constitutionnel.

En conséquence, La Fédération française de la fourrure appelle l’ensemble des acteurs de la production animale et de la ruralité à se mobiliser contre cette « décision inique et dangereuse pour notre pays. »

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Oriane Dieulot