Ce 2 mars 2021, l’organisation antispéciste L214 a choisi pour cible l’abattoir de dindes de Blancafort (Cher). Elle était accompagnée de deux eurodéputés Caroline Roose (Europe Écologie Les Verts, EELV) et Manuel Bompard (La France insoumise, LFI), tous deux membres de la commission d’enquête sur le transport des animaux du Parlement européen.

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L214 avait aussi convié un huissier pour observer l’arrivée des camions transportant les dindes sur le site de l’abattoir Les Volailles de Blancafort, qui appartient au groupe volailler LDC et vend sous la marque Le Gaulois. Cet abattoir a déjà été visé par une enquête de L214 en décembre 2020.

S’appuyant sur une vidéo, L214 avait relevé ce qu’elle considère comme des dysfonctionnements majeurs sur le site et aussi des problèmes concernant le transport des oiseaux. La préfecture du Cher avait donné 48 heures à l’entreprise pour se mettre en conformité, avant de se dire satisfaite des mesures prises par l’abattoir.

Pas d’amélioration selon l’association

Ce mardi 2 mars 2021, l’association de défense de la cause animale a fait constater aux deux eurodéputés présents ce qu’elle estime être une « infraction flagrante à la réglementation européenne sur le transport des animaux », a-t-elle déclaré dans un communiqué diffusé ce même jour.

« Les caisses utilisées ne sont toujours pas conformes à la réglementation et n’ont pas été changées, a affirmé le directeur des enquêtes de L214, Sébastien Arsac. Les caisses ont juste la dimension du corps des animaux alors que la réglementation prévoit qu’il y ait de l’espace au-dessus des têtes quand ils se tiennent debout. »

« Il y a des dindes entassées […], c’est beaucoup de stress thermique, de souffrance. C’est pour ça que l’on voit des paniers d’équarrissage pleins, ce sont des dindes qui n’ont pas résisté au transport », a-t-il ajouté.

« Très rapidement, on a pu constater que ce n’était pas en adéquation avec la réglementation européenne », a estimé la députée Caroline Roose, après le passage des camions. « Ce n’est pas acceptable. […] Il faut se poser la question du bien-être animal. Il faut que les pratiques et les règles évoluent en conséquence », a réagi pour sa part Manuel Bompard après avoir été reçu par la direction de l’abattoir. Cette dernière a refusé aux élus l’accès à la partie industrielle du site.

Dans l’attente du procès-verbal

De son côté, L214 attend désormais le procès-verbal de constat dressé par l’huissier et n’entend pas « s’arrêter là. Cela va nous permettre de compléter la plainte déposée en décembre et de faire remonter à la Commission européenne, qui regarde en ce moment quelle est l’application de la réglementation sur le terrain », a expliqué Sébastien Arsac.

Avec l’AFP