« J’ai réuni hier soir toutes les associations welfaristes. […] Je leur ai expliqué comment nous allions avancer. Les mesures qui seront prises seront très fortes, et cela a d’ailleurs été accepté par tout le monde », affirme Didier Guillaume ce mercredi 30 octobre 2019, sur les ondes de France Inter.

Pour autant, le calendrier reste flou. « Novembre ou décembre, on verra ce qu’il se passera avec le premier ministre et ce qui sera décidé », lâche le ministre, qui affirme « négocier les dates avec les éleveurs ». Une situation qui n’est pas pour plaire aux associations reçues la veille. « Circulez, il n’y a rien à voir », s’agace 30 millions d’amis sur Twitter. « Il faut saluer le fait que les ONG ont été reçues par le ministre et qu’il y a eu un échange, mais nous regrettons de ne pas être inclus dans les discussions avec les filières », tempère Agathe Gignoux, chargée des affaires publiques à CIWF, présente lors de la réunion.

Vers la fin de la castration à vif ?

Interrogé sur la castration à vif des porcelets, le ministre de l’Agriculture estime que « dans les mois qui viennent, tout cela sera terminé. […] Mais cela ne peut pas se faire contre la profession ». Pour Agathe Gignoux du CIWF, « il semble que l’on se dirige plutôt vers une prise en charge de la douleur, alors que nous souhaitons l’arrêt de ces pratiques ».

S’agissant du broyage des poussins mâles, Didier Guillaume confirme l’arrêt de la pratique pour la fin de 2021. « Si on le fait tout de suite, il n’y a plus d’œufs. […] Il faut à la fois tenir le temps de l’agriculture, et le temps de la société. » « Mais pour y parvenir, il faut des moyens et nous n’avons pas eu d’assurance à ce sujet », rapporte Agathe Gignoux.

« Recul sur les cages »

Le sujet des cages en ateliers de poules pondeuses a également été évoqué avec les associations de protection animale. « Nous avons eu la confirmation d’un recul, estime Agathe Ginoux. Dans un décret à paraître, le ministre nous a indiqué que le réaménagement des anciennes constructions avec des cages serait possible. » Compte tenu des attentes sociétales, on peut toutefois se demander quel exploitant investirait dans cette voie !

Dans cet échange avec Didier Guillaume, le CIWF a évoqué « des propositions constructives, par exemple sur l’étiquetage pour le bien-être animal, avec des avancées concrètes avec Casino ou les fermiers de Loué ». Parmi les pistes suggérées par l’association figure « l’extension de l’étiquetage des œufs coquille aux ovoproduits pour mieux informer le consommateur lorsqu’il achète des produits transformés ».

Vincent Guyot et Aurore Coeuru