ERA, comme European Rabbit Association. Tel est le nom du projet de plateforme européenne de la filière cunicole, qui pourrait voir le jour avant la fin de 2021. « L’idée est de parler d’une seule voix à l’échelle à Bruxelles », explique André Maléjac, président du directoire de la société Loeul & Piriot, lors de l’assemblée générale de Fédération nationale des groupements de producteurs de lapins de chair (Fenalap), le 15 décembre 2021 à Paris.

L’initative citoyenne pour la fin de l’élevage en cage, baptisée « End the Cage Age », avec à la clé la promesse de la Commission européenne de proposer une loi d’ici à 2023, a été le déclencheur de cette démarche de la filière cunicole. « C’est dans les pays où l’on mange le moins de lapin que l’initiative citoyenne a été la plus signée », soulève Meinrad Odermat, à la tête du premier groupe d’abattage cunicole de la Hongrie.

Un socle commun sur le bien-être

S’agissant de l’engraissement des lapins, « nous ne souhaitons pas remettre en cause la fin annoncée de l’élevage en cage, mais plutôt obtenir des délais supplémentaires et un engagement financier pour accompagner les éleveurs, précise André Maléjac. Nous savons que si nous défendons le maintien des cages traditionnelles, le combat est perdu d’avance. »

L’objectif est donc de proposer un socle commun sur le bien-être animal à l’échelle européenne. « Il ne s’agit pas de définir un modèle alternatif à la cage unique à tous les pays d’Europe, mais plutôt se baser sur des critères comme le poids vif au mètre carré, poursuit le président du directoire de Loeul & Piriot. Car chaque pays a ses spécificités. Le lapin produit en France pèse 2,3 kg, contre 2 kg en Espagne, ou encore 2,8 kg en Hongrie ».

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Consensus sur l’élevage des femelles en cage

S’agissant des femelles, une ligne rouge est d’ores et déjà définie. « Il n’est pas possible de faire de l’élevage hors cage. Tous les travaux scientifiques sur le sujet ont démontré que c’est contraire au bien-être animal. Les animaux se battent entre eux jusqu’à la mort », rapporte Alfonso Miguel, abatteur espagnol.

« Les lésions sur les lapines sont très importantes, abonde André Maléjac. Cela crée aussi des désordres dans les lactations, ce qui impacte directement la santé des lapereaux et augmente le taux de mortalité. » Le responsable français souligne également l’importance de ne pas perdre de vue le sujet du transport d’animaux vifs, prégnant dans le cas des femelles reproductrices.

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Vincent Guyot