Le Parlement européen a débattu ce jeudi 10 juin 2021 d’une suppression progressive de l’élevage en cage des animaux d’ici à 2027, comme souhaité par plus d’un million de citoyens européens, avant de se prononcer lors d’un vote.

À lire aussi : L’Europe estime qu’elle peut faire mieux pour le bien-être animal (16/04/2021)

Une interdiction de l’élevage en cage progressive

« Il est nécessaire de parvenir à des aménagements, voire à une interdiction de l’élevage en cage », a déclaré l’eurodéputé chrétien-démocrate allemand Norbert Lins.

Le président de la commission parlementaire de l’agriculture, rapporteur du texte soumis au vote, a considéré « que 2027 pourrait représenter une date acceptable pour la disparition complète de l’élevage en cage ».

Les eurodéputés, qui peuvent soit voter sur place à Strasbourg soit à distance, doivent se prononcer dans la journée sur un texte commun demandant à la Commission européenne, qui a l’initiative des législations dans l’Union européenne, de faire des propositions pour une suppression progressive de l’élevage en cage.

Il s’agit donc du début d’un éventuel processus législatif de plusieurs semaines ou mois qui donnera lieu à des négociations entre les différentes institutions européennes.

À lire aussi : « Je ne veux pas d’un rapport punitif sur le bien-être animal » (06/10/2020)

« Une question éthique, sociale et économique »

Une initiative citoyenne européenne avait recueilli près de 1,4 million de signatures dans toute l’Union européenne au moment de son enregistrement en septembre 2018. Dès que la barre du million de signatures est atteinte, la Commission doit décider d’une action à entreprendre. Actuellement, 78 initiatives sont enregistrées sur des sujets variés et six ont déjà réussi.

« Cette initiative est la première valable concernant le bien-être animal. Un manque de réaction aux initiatives couronnées de succès viendrait saper la démocratie participative européenne », a lancé l’eurodéputée lettonne écologiste Tatjana Zdanoka en direction de la Commission européenne.

Présente dans l’Hémicycle, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a assuré que l’exécutif européen « s’engage en faveur du bien-être des animaux » et « se penche » sur les demandes à la fois de fin de l’élevage en cage, mais aussi de soutien aux éleveurs devant modifier leurs élevages et de respect de normes semblables pour les produits importés.

« Il s’agit d’une question éthique, sociale et économique. Nous devons écouter les voix de nos concitoyens et faire cette transition vers une approche plus durable dans les plus brefs délais », a-t-elle déclaré, sans toutefois s’avancer sur la nécessité d’une législation supplémentaire dans l’Union européenne.

À lire aussi : La Commission européenne contrainte de questionner l’élevage en cage (02/10/2020)

Un amendement sur le gavage représentatif de « l’agribashing »

Les premières réactions ne se sont pas fait attendre. Dans un communiqué de presse de ce jeudi, Anne Sander, députée européenne du LR/PPE, dit regretter « profondément » que dans le cadre du vote sur l’élevage en cage, « un amendement, visant à interdire le gavage des canards et des oies ait été adopté en séance plénière ».

Plus encore, selon elle, « mettre fin au gavage, c’est condamner le secteur français du foie gras, un secteur vitrine des traditions représentatives de nos territoires. C’est aussi mettre en difficulté une filière économique qui fait rayonner l’excellence de la France à l’international. »

Et d’ajouter : « Cet amendement est hors du champ de la résolution qui porte sur les cages et non sur les modes de production. Elle est malheureusement représentative de l’agribashing que subissent aujourd’hui nos agriculteurs. »

Lapins, poules pondeuses et truies sont élevés en cage

Selon le texte soumis au vote des eurodéputés, qui demande une « approche espèce par espèce », les lapins sont les animaux les plus couramment élevés en cage, dont 85 % sont rudimentaires, les empêchant d’avoir un comportement naturel.

Environ la moitié des poules pondeuses de l’Union européenne sont élevées dans des cages aménagées, tandis que la majorité des truies sont mises en cage à certains moments de leur vie. L’élevage en cage est déjà interdit dans l’agriculture biologique dans l’ensemble de l’Union européenne.

À lire sur DecodAgri : Oui, la grande majorité des truites passe une partie de leur vie en cage (18/04/2021)

Avec l’AFP