« Ce n’est pas tous les ans, mais ça arrive. » De la neige en octobre, cela faisait tout de même dix ans que Marie-Amélie Viargues, éleveuse dans l’Aveyron, n’avait pas vu ça. « Nous, on est à 550 m, et on a reçu une dizaine de centimètres, explique Marie-Amélie. Dans l’Aubrac, ils doivent être à plus de 20 cm. »

L’exploitation de Marie-Amélie s’étend sur 121 hectares, dont seuls 41 sont mécanisables. « On est dans un vallon avec beaucoup de pente, que les limousines sont responsables d’entretenir ». Outre les 30 limousines, Marie-Amélie possède également un troupeau de 55 vaches laitières, pour une référence annuelle de 410 000 l environ.

« Rentrez-nous, on a froid »

« Quand on a fait notre tour le matin, les vaches semblaient énervées, poursuit-elle. Elles venaient nous voir, avec l’air de dire “rentrez-nous on a froid” ». Face aux bêtes, Marie-Amélie et son compagnon se moquent un peu, mais lorsque la neige se met à tomber, vers 11 heures, ils regrettent leurs rires. En prévision de la météo, seules les laitières avaient été laissées dans le bâtiment. « Manger de l’herbe trop froide, rappelle Marie-Amélie, ce n’est pas terrible pour elles. »

« On était en train de semer les céréales, la neige nous retarde de quelques jours. » Les prairies ne devraient cependant ne pas souffrir. « On verra quand ça aura fondu », s’amuse Marie-Amélie. Des neiges sont annoncées pour la nuit et le matin, mais le redoux attendu pour les jours suivants limitera sans doute les dégâts.

S’adapter au changement

« C’est un changement brutal, il y a une semaine on était en t-shirt, et là… » L’exploitation va évoluer pour répondre à ces revirements brusques de conditions météorologiques. « On veut essayer de rentrer le maximum de fourrage tôt au printemps, prévoit Marie-Amélie, parce qu’il y va y avoir des plus en plus de sécheresse d’automne ».

Autre solution, privilégier des espèces résistantes. « On se met à semer de plus en plus de luzerne, même si notre terrain n’est pas tellement adapté, pour essayer d’avoir le maximum de fourrage à rentrer en début de saison. »

Par chance, l’exploitation a traversé la sécheresse de 2018 plus facilement que certains collègues. « On a eu des orages au mois d’août, explique Marie-Amélie. Et on a commencé à donner du foin il y a un mois. Mais j’ai des voisins qui distribuent depuis le mois de juillet. »

Ivan Logvenoff