L’Australie exporte chaque année pour plus de 800 millions de dollars australiens, soit 500 millions d’euros, d’animaux vivants, un secteur de plus en plus mis en cause par les défenseurs du bien-être animal. La dernière vidéo en date, filmée à bord du cargo battant pavillon panaméen Awassi Express au cours de cinq voyages l’an dernier entre l’Australie, le Qatar, le Koweït et Oman, a été diffusée par l’association Animals Australia.

Témoignages

Elle montre des animaux entassés dans des enclos, agonisant dans leurs excréments et peinant à respirer dans des locaux mal ventilés et trop chauds. « Ils mouraient sous nos yeux, déclare Faisal Ullah, qui a filmé les vidéos. Un par un, les uns après les autres, c’était comme mettre des animaux vivants au four », raconte-t-il à la chaîne Channel Nine, qui a diffusé dimanche les images et raconté que les animaux étaient entassés sur les dix niveaux du bateau.

Faisal Ullah évoque aussi des agneaux nés pendant le trajet, morts et jetés par-dessus bord, alors que les brebis gestantes ne doivent pas être exportées. L’Autorité australienne de la sécurité maritime (Amsa) a affirmé le 9 avril 2018, que des milliers de moutons avaient péri. L’Awassi Express, qui devait quitter l’Australie, vraisemblablement à destination du Qatar et du Koweït, a été immobilisé, son inspection ayant suscité « des inquiétudes quant à la circulation de l’air dans certains enclos ».

Changements de pratiques

Emanuel Exports, une société utilisant les services de l’Awassi Express, a déclaré à l’Australian Broadcasting Corporation qu’elle avait changé ses exigences en termes de bien-être animal, en ce qui concerne notamment la densité de l’occupation des enclos et la présence à bord d’un observateur de l’État. En 2013, l’Australie avait suspendu pendant plusieurs mois ses exportations d’animaux vivants vers l’Égypte après la diffusion de vidéos montrant des mauvais traitements aux vaches.

Le ministre autralien de l’Agriculture a réagi après la diffusion de cette vidéo. Dans un communiqué, il explique que le rapport sur la mortalité des animaux, qu’il a reçu du régulateur indépendant, ne reflète pas les conditions sur le navire. Il s’interroge sur les capacités d’investigation de ce régulateur, envisage la mise en place d’un numéro de téléphone pour permettre de témoigner anonymement et de fournir des informations, et d’augmenter les sanctions.

AFP