Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

L’industrie de la laine renaît grâce à la Chine

Australie
 - L’industrie de la laine renaît grâce à la Chine
© Valérie Scarlakens/GFA

Après des décennies passées à l’ombre des fibres synthétiques, la laine est à nouveau en vogue en Australie, grâce à des achats chinois massifs.

Premier exportateur de laine et deuxième plus gros producteur du monde après la Chine, l’Australie tire les bénéfices d’une augmentation constante de la demande internationale, de prix stratosphériques et d’un agrandissement de son cheptel ovin.

Le pays produit 345 millions de kilos de laine brute par an. Les trois quarts de ses moutons sont des mérinos dont la laine est considérée comme la plus fine du monde.

90 % de la laine australienne est exportée, dont 80 % en Chine. Le reste part en Inde, en Italie et en République tchèque. Selon le ministère de l’Agriculture australien, la valeur des exportations de laine pourrait augmenter de 13 % cette saison pour atteindre 2,6 milliards d’euros.

Des prix records

« C’est une période merveilleuse, un âge d’or », déclare Peter Morgan, directeur du Conseil australien des exportateurs de laine. « En huit ans, un kilo de notre laine a augmenté de dix dollars : en ce moment, il vaut 18 dollars (près de 11,50 euros, NDLR). Je n’ai jamais vu cela ! »

En cours de « reconstruction », le cheptel ovin australien revient de loin. En 1990, 170 millions de moutons paissaient sur ses pâturages. Ils ne sont plus que 75 millions.

« Dans les années 1980, nous produisions 1 000 millions de kilos de laine par an », se souvient Peter Morgan, dont les débuts remontent à 1963 ; « nos meilleurs clients étaient l’URSS et la Chine. L’effondrement du bloc soviétique a mis fin à la fête ».

La grande sécheresse des années 2000 achève de décimer le troupeau national, victime du déséquilibre de l’offre et de la demande et de sa conséquence : la chute des cours. À l’époque, beaucoup d’éleveurs et d’exportateurs australiens se reconvertissent dans la viande d’agneau, moins risquée.

Nouveaux marchés

Sa renaissance, la laine du bout du monde la doit à plusieurs facteurs. PDG de l’Australian Wool Innovation (AWI), une coopérative de 24 000 producteurs, Stuart McCullough cite « la demande, énorme et croissante, provenant notamment de la nouvelle classe moyenne chinoise » de plus en plus attirée par cette fibre naturelle. Mais aussi le dynamisme « du marché du sportswear et des vêtements d’extérieur où la laine fait figure de championne ».

Quant aux campagnes de marketing orchestrées depuis 2010 par l’AWI dans l’hémisphère Nord, elles ont sans doute aussi contribué aux résultats actuels. Stuart McCullough se dit « très optimiste », car l’AWI investit lourdement dans la recherche. Objectif ? Optimiser via la technologie les vertus naturelles de la fibre.

La laine ultra-fine reste minoritaire

Pour certains producteurs, le boom actuel ne doit pourtant pas empêcher l’industrie de faire son autocritique. « La laine ultra-fine (moins de 14 microns), celle qui finit chez les grands couturiers, ne représente qu’une faible part de la production », a indiqué Katharine McBride, à la tête de l’une des plus grandes fermes du New South Wales et d’un troupeau de mérinos qui produit annuellement environ 200 000 kg de laine de 21 microns. « Or, l’AWI concentre ses campagnes internationales sur cette catégorie de laine luxueuse : ce n’est pas un bon calcul », dit-elle.

AFP

Pénurie de tondeurs

« Pour l’heure, aucune machine n’est capable d’égaler la précision et la délicatesse d’un tondeur », estime Ian Elkins, ex-champion de la tonte qui forme désormais les nouvelles recrues. « Mais nous ne sommes que 4 000, parmi lesquels trop peu de jeunes alors même que ce métier très physique a besoin de corps robustes pour assurer la relève. » Le ministère de l’Agriculture prévoit 83 millions de moutons en Australie en 2021-2022. Le métier a de l’avenir.

« La tonte en Australie est plus délicate qu’en Europe, car la laine Mérinos est plus volumineuse et la peau des brebis plus plissée, ce qui rend l’opération plus compliquée », explique M. Riffaud, l’un des 200 tondeurs professionnels qui existent en France.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités


Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !