Agacé par les procès à charge dont l’élevage est régulièrement victime, Dominique Langlois, président de l’interprofession bétail et viandes (Interbev), tape du poing sur la table. Dans une tribune publiée le 16 décembre 2016, il regrette que jamais « aucune voix ne s’élève », « comme si une seule thèse avait désormais droit de cité : celle qui conteste aujourd’hui l’existence même de la viande dans nos sociétés ».

À chacun de décider

Parce que les débats sur l’élevage font souvent de « l’homme carnivore un bourreau et de l’animal d’élevage une victime innocente », Dominique Langlois rappelle qu’il est du droit de chacun de décider s’il veut ou non manger de la viande. Il ne fustige en aucun cas ceux qui, « pour des raisons éthiques ou par conviction alimentaire », cessent d’en consommer.

Ce qu’Interbev dénonce, c’est la « minorité » qui jette « le discrédit d’emblée sur toute une profession, dans un procès mené sans témoins, ni avocats de la défense. […] Le procès ne peut pas être instruit seulement à charge. […] Car nous aussi, professionnels, avons droit à la parole. » Quant aux polémiques sur l’abattage et le bien-être animal, Dominique Langlois insiste sur la nécessité de dénoncer « les dérives comme les excès. Nous sommes les premiers à le dire et à le répéter. »

L’interprofession rappelle qu’elle défend les intérêts d’une profession, mais que cela ne fait pas d’elle un « lobbyiste sans scrupule. Eh oui ! nous croyons au sens de notre action, aux qualités nourricières de la viande comme aux progrès de nos métiers, lance-t-elle. Oui, nous croyons qu’un monde sans élevage ne constituerait pas une avancée mais une régression pour l’homme et pour la société. »