L’EMA a révisé ses recommandations concernant l’usage vétérinaire de la colisitine pour lutter contre l’antibiorésistance. Elle a formulé de nouvelles propositions le 27 juillet 2016, après une consultation des différentes parties prenante, qui s’est achevée le 26 juin dernier. L’Agence répondait à une demande de la Commission européenne suite à la découverte d’un nouveau mécanisme de résistance des bactéries à cet antibiotique.

Consolider la baisse

Dans son communiqué, l’EMA estime que « pour les 3 ou 4 prochaines années, les États membres devraient réduire leur usage de colistine chez l’animal pour atteindre au moins le niveau de 5 mg/PCU (1). Ce qui se traduirait par une baisse de 65 % des ventes à l’échelle de l’UE, et consoliderait la baisse enregistrée entre 2011 et 2013. Les pays sont encouragés à adopter des objectifs plus stricts, idéalement sous la barre de 1 mg/PCU. »

Dans ses recommandations, l’Agence souligne que la réduction des ventes de colistine ne doit pas être compensée par une augmentation de celles d’autres antibiotiques. Elle estime que l’objectif pourrait être atteint à travers une palette de mesures comme l’amélioration des conditions d’élevage, les mesures de biosécurité entre les cycles de productions, et la vaccination des animaux.

En dernier recours

L’EMA propose également de reclassifier la colistine parmi les molécules réservées au traitement des pathologies animales pour lesquelles il n’existe pas d’alternative efficace, une catégorie à laquelle appartiennent certains antibiotiques critiques pour l’homme. L’Agence rappelle que la colistine est aujourd’hui une molécule utilisée en dernier ressort en médecine humaine pour lutter contre des bactéries résistantes aux autres antibiotiques.

E.R.

(1) PCU : population correction unit (unité permettant de rapporter la consommation au poids d’animaux en élevage et abattus)