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La production laitière reste sur les rails de la croissance en Europe

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À l’horizon 2030 - La production laitière reste sur les rails de la croissance en Europe
« Les objectifs de durabilité devraient faire partie intégrante de la croissance du secteur laitier au sein de l’Union européenne, avec des mesures prises sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la fourniture d’aliments, à l’emballage et à la livraison des produits, en passant par le transport », rapporte la Commission européenne. © Thierry Pasquet

La production européenne de lait de vache continuerait de croître, pour atteindre 162 millions de tonnes d’ici 2030. Pour le marché intérieur et l’exportation, la production de fromages drainera le plus gros des volumes supplémentaires de lait.

La production européenne de lait de vache devrait progresser de 0,6 % par an et devrait ainsi contribuer à hauteur de 7 % à la croissance de la production laitière mondiale d’ici à 2030. Tels sont les chiffres livrés par une étude prospective de la Commission européenne publiée le 11 janvier 2021. La fabrication de fromages captera 30 % des volumes de lait additionnels produits au sein de l’Union européenne.

Plus largement, « la production laitière mondiale devrait augmenter de plus de 15 millions de tonnes par an, principalement dans les pays en développement », estime la Commission européenne. Du côté néo-zélandais, la croissance devrait se limiter à 0,4 % par an d’ici à 2030. Aux États-Unis, elle atteindrait 0,8 % par an.

Toujours numéro un à l’exportation

La dynamique haussière des exportations européennes devrait légèrement s’essouffler d’ici à 2030, en raison d’un ralentissement de la croissance des importations mondiales. Pour autant, « l’Union européenne devrait rester le premier exportateur de produits laitiers, avec 28 % du commerce mondial en 2030 », prévoient les experts.

En parallèle, la valeur des exportations de l’Union européenne devrait croître d’environ 3 % par an. La moitié de cette croissance proviendrait du commerce du fromage, suivi par la poudre de lait écrémé (32 %).

Au cours des dix prochaines années, davantage de produits laitiers pourraient provenir d’autres bassins de production tels que l’Amérique du Sud. « Si ces pays sont susceptibles de concurrencer les marchés fortement orientés vers les prix, les produits à forte valeur ajoutée comme le fromage et le beurre sont appelés à être dominés par l’Union européenne, la Nouvelle-Zélande et partiellement par les États-Unis », projette la Commission européenne.

Le lait biologique en bonne voie

D’ici à 2030, « le niveau de production moyen de l’Union européenne devrait continuer à augmenter pour atteindre 8 300 kg par vache, les écarts de productivité entre les États membres étant amenés à se réduire », avance le rapport. En revanche, la progression du rendement attendue (1,4 % par an) sera inférieure à celle des dernières années, en raison d’une segmentation plus poussée.

La part de la production de lait biologique devrait atteindre 10 % en 2030, contre 3,5 % en 2018. D’autres systèmes, qui misent par exemple sur la conduite au pâturage ou l’alimentation sans OGM, pourraient également progresser. Par ailleurs, « une demande intérieure pour les circuits courts et l’approvisionnement local devrait soutenir la vente directe », estiment les experts.

Cela devrait empêcher un « fort déclin du cheptel laitier », appuie la Commission européenne. Le rapport mentionne néanmoins une baisse des effectifs de l’ordre de 7 % par rapport à 2020, soit 19,2 millions de têtes de moins d’ici à 2030.

Lucie Pouchard
Le fromage européen sur le devant de la scène

La demande mondiale pour les produits laitiers européens devrait entraîner une hausse du prix du lait cru au sein de l’Union européenne, de l’ordre de 38 € la tonne en 2030.

Poussée par une demande croissante de l’Asie et du Moyen-Orient, l’Union européenne devrait rester le premier exportateur de fromages, concentrant 49 % des exportations mondiales en 2030.

L’Union européenne devrait « rester compétitive »

Avec les préoccupations croissantes en matière de santé, « les exportations européennes de lactosérum destinée à l’alimentation humaine devraient continuer de croître d’ici à 2030 (+ 1,7 % par an) », estime la Commission européenne. L’Union européenne devrait également rester compétitive dans le domaine de l’alimentation animale.

En produits laitiers frais, la consommation intérieure est amenée à baisser sur la prochaine décennie. Mais « la qualité et l’image nutritionnelle des produits laitiers frais et les progrès réalisés dans la conservation lors de transports sur une longue distance devrait contribuer à l’augmentation des exportations nettes de l’Union européenne d’ici à 2030 (7 % par an) », appuient les experts. S’agissant du beurre, les exportations devraient augmenter de près de 3 % par an.

La demande intérieure de poudre de lait écrémé progresse

Par ailleurs, la demande croissante de l’Union européenne en poudre de lait écrémé (+1,2 % par an) devrait soutenir les prix d’ici à 2030. Cela concernerait notamment la production d’aliments pour bébés, de crèmes glacées, de produits laitiers frais et de fromages transformés.

En revanche, les exportations de poudre de lait entier de l’Union européenne devraient décliner de l’ordre de 2 % par an jusqu’en 2030. La demande intérieure stable pour l’industrie alimentaire devrait devenir le principal débouché, représentant 67 % de la production en 2030.

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