Les tarifs des agneaux se sont effondrés ce 24 mars 2020 à Châteaumeillant. Les laitons U de 38 à 44 kg se sont vendus 3,06 €/kg vif, soit près de 0,60 €/kg vif de moins que la précédente cotation du 10 mars (3,64 €/kg vif). « Trois acheteurs étaient présents seulement, contre sept d’habitude à l’approche de Pâques », explique Jérôme Chartron, le chef des ventes de ce marché au cadran.

Pas de repère pour les semaines à venir

Dès lundi, le 23 mars, lors du marché bovin hebdomadaire, Jérôme Chartron s’est rendu compte que les échanges seraient compliqués pour les agneaux. « J’en ai informé les vendeurs d’agneaux qui m’avaient sondé sur la tendance. C’est pourquoi certains ont décidé de reporter leur vente. Si bien que sur 500 agneaux annoncés à la fin de la semaine dernière nous n’en comptions que 437 ce matin à l’ouverture du marché. »

Et de préciser que les lots étaient de très bonne qualité. Au final, 93 % des animaux ont été vendus. « Nous manquons de visibilité pour l’avenir, poursuit Jérôme Chartron. Le contexte est tellement inédit. Nous n’avons aucun repère pour prédire la tendance des prochaines semaines pour l’instant. »

Des mesures « barrières » sur le marché

Il n’est pas certains dans un premier temps que le prochain marché bovin du 30 mars se déroule, donc a fortiori celui du 7 avril pour les ovins. « Nous avons mis en place des mesures exceptionnelles pour que le marché puisse se tenir dans les meilleures conditions sanitaires possible. »

« Nous avons réduit les contacts au maximum, insiste le chef des ventes. Nous avons fermé une partie des quais de déchargement, les circuits de circulation sont conçus pour éviter de se croiser. L’arrivée des animaux est échelonnée dans le temps. Pour le marché bovin, un pupitre sur deux seulement est ouvert. »

« Un maximum de portes restent ouvertes afin de ne pas toucher la poignée, décrit Jérôme Chartron. L’accès est réservé à un minimum de personnes. Nous voulons travailler dans des conditions optimales pour tout le monde. » La décision de tenir le prochain marché sera prise dans les prochains jours.

Campagne de communication

C’est un coup de massue pour les éleveurs qui préparent leurs agneaux depuis un an pour les fêtes religieuses regroupées au printemps cette année. L’interprofession ovine a annoncé qu’elle lancerait une campagne de communication, du 1er au 12 sur les principales chaînes de radio, sur Facebook et autres réseaux sociaux pour rappeler la tradition de l’agneau de Pâques.

De son côté, la Fédération nationale ovine a demandé aux enseignes de la distribution « de faire preuve d’une plus grande solidarité envers les producteurs d’ovins en mettant prioritairement en avant la viande d’agneau français dans leurs rayons ».

M.-F. Malterre