« Plusieurs départs de feu » ont été constatés sur le site du sinistre, où les bêtes ont été rapidement mises à l’abri. Ni revendication ni tags n’ont été relevés sur place, a-t-elle ajouté, confirmant une information d’Europe 1.

La moitié de l’établissement touché

L’incendie s’est déclaré vers 1 heure et a touché 2 000 m² des 4 000 m² des établissements Gesler, « notamment l’entrepôt de salaison », ainsi que « plusieurs véhicules » garés sur le site, ont indiqué les pompiers, qui ont dépêché 15 engins sur place. Le feu est maintenant maîtrisé. L’ensemble de l’abattoir, qui emploie 80 personnes, est inutilisable « en raison des fumées », ont-ils ajouté.

Cet incendie risque de tendre un peu plus les relations entre la filière et certains militants de la cause animale qui s’en prennent depuis quelques mois à des boucheries. Et mercredi, l’association antispéciste 269 Libération animale avait appelé à une « Nuit debout devant les abattoirs » partout sur le territoire. Elle avait vu sa manifestation interdite dans les Yvelines par le préfet.

Les interprofessions accusent

En début d’après-midi, ce 28 septembre 2018, Interbev et Inaporc ont réagi. Ils ont diffusé une lettre ouverte adressée au président de la République. « Sommes-nous en guerre civile ? Cela ne peut plus durer. Depuis plusieurs mois, des actions violentes et illégales sont menées à l’encontre des hommes et femmes œuvrant dans notre filière de l’élevage et des viandes. Les infractions s’aggravent. […] Cette nuit encore, un incendie criminel a détruit un abattoir. »

« Les libertés de conscience et d’expression invoquées par des collectifs et associations anti-viandes et antispécistes ne sauraient être les cautions de ces violences, poursuivent-elles. Et pourtant, partout en France, ils nous déclarent ouvertement la guerre, notamment au travers d’appels à la désobéissance civile : comment expliquer que les pouvoirs publics laissent tenir de tels propos ? […] Aujourd’hui, ces actions de destruction ne peuvent rester sans réponse des pouvoirs publics ! »

Interbev et Inaporc demandent aux pouvoirs publics de répondre à ces « actions de destruction ». « Monsieur le Président de la République, nos professionnels, envahis par un profond sentiment d’injustice et d’insécurité, doivent-ils prendre les armes pour défendre leurs entreprises, leurs métiers et leurs personnes ? Monsieur le Président de la République, nous comptons sur vous et votre gouvernement pour enrayer immédiatement ces offensives sectaires qui ne peuvent qu’aboutir à une guerre civile. »

Les syndicats à l’unisson

Fait suffisamment rare pour être souligné, la Confédération paysanne, la Coordination rurale, la FNSEA, JA et le Modef réagissent d’une seule voix. « Les tentatives de culpabilisation des consommateurs et de stigmatisation des éleveurs s’intensifient et un pas supplémentaire a été franchi la nuit dernière », assènent-ils dans un communiqué de presse commun diffusé en fin d’après-midi.

Les syndicats soulignent que cet incendie « intervient dans un contexte de mobilisation très violent de certaines associations véganes contre les bouchers et les abattoirs, où les mots utilisés atteignent l’indécence et l’injure quand ils font référence au drame de l’holocauste. Alors qu’ils font déjà face à une situation économique fragile, les éleveurs n’en peuvent plus de ces attaques répétées contre leur métier. »

Les cinq organisations insistent sur le fait que ce n’est pas le véganisme qu’elles dénoncent, « mais le prosélytisme qui est orchestré autour. […] Des abus existent dans certains abattoirs et nous les dénonçons. Mais ces abus ne représentent pas l’ensemble des situations ni l’ensemble de la production. Les associations qui prônent l’arrêt complet de l’élevage se trompent de combat. […] Nous n’acceptons ni les insultes proférées en direction des éleveuses et des éleveurs, ni les agressions contre les acteurs de nos filières. »

E.R. avec l’AFP