« Les achats pour la consommation à domicile continuent de s’effriter » avance le bilan 2018 de FranceAgriMer. Et pour cause, le budget global des ménages français pour les produits carnés est annoncé en baisse, en lien avec le repli des volumes achetés.

L’élaboré au profit des viandes fraîches non transformées

Les achats de viandes de boucherie fraîches chutent de 3 % en volume par rapport à 2017. Ce recul s’explique à la fois par une diminution des quantités achetées par acheteur (–3,6 % par rapport à 2017), une baisse de la fréquence d’achat (–2,2 %) et une réduction des quantités achetées par acte d’achat (–1,4 %). La consommation de viande bovine reste en baisse : « Le prix élevé de cette viande, ajouté aux discours environnementaux et de santé sur les viandes rouges, contribue à une certaine désaffection des consommateurs. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « La viande de bœuf hors élaborés recule de 5,2 %, la viande de veau perd 1 point en volume. »

Pour la viande ovine, les quantités achetées diminuent elles aussi (–3 % par rapport à 2017).

Quant à la viande de porc, sa baisse est estimée à 3,4 %. Le porc reste cependant en pôle position parmi les viandes consommées en France, du fait d’un coût comparativement peu élevé et d’une grande diversité des produits.

85 % de hausse de consommation de volaille en 40 ans

En viandes de volailles et lapin, les quantités achetées en 2018 sont en repli de 0,8 % par rapport à 2017, toutes catégories confondues. La tendance baissière reste néanmoins à relativiser puisqu’elle cache une « certaine hétérogénéité selon les types de viandes ou les segments concernés », explique l’étude.

Alors que les volailles et lapins entiers sont de moins en moins consommés, les élaborés de volailles ainsi que les découpes — particulièrement de poulet — sont de plus en plus appréciés par les consommateurs. La volaille, qui est la deuxième viande la plus consommée en France depuis 2012, atteint en 2018 une hausse de 85 % en 40 ans. Son prix relativement bas et l’innovation constante apportée en termes de praticité, de diversité et de goût constituent l’attractivité pour cette viande.

En achats de charcuterie, les quantités reculent tous les ans depuis 2014. « Les différents types de produits de charcuterie sont quasiment tous impactés par ce recul, excepté les rillettes […] », poursuit FranceAgriMer.

Enfin, les achats relatifs aux viandes de boucherie, de volailles et lapin surgelées sont en recul de 4,3 % par rapport à l’année passée, et ceci, dans les mêmes proportions.

Lucie Pouchard