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Les retards d’abattage de veaux laissent des traces

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À cause du coronavirus - Les retards d’abattage de veaux laissent des traces
« Du fait du retard des abattages et en anticipation d’un probable afflux d’offres en France comme aux Pays-Bas à la reprise de l’activité, les intégrateurs annoncent un net ralentissement des mises en place », révèle l’Institut de l’élevage dans sa note de conjoncture. © C. Watier

À la fermeture de la quasi-totalité des débouchés en restauration hors domicile (RHD), l’activité d’abattage de veaux de boucherie avait été brusquement freinée, de l’ordre de 35 % en semaine 13 [du 23 au 29 mars 2020]. Une tendance qui paraît s’atténuer doucement depuis ces dernières semaines, selon l’Institut de l’élevage (Idele).

« Les veaux de boucherie les moins conformés, destinés majoritairement au secteur de la RHD, ont été les premiers impactés », explique Lina-May Ramony, experte à l’Idele (Institut de l’élevage), lors d’un webinaire le jeudi 23 avril 2020. Un coup dur pour la filière, déjà en difficulté l’an passé face au recul de la consommation et à la concurrence accrue en Europe.

En revanche, « sur les conformations supérieures, les évolutions sont moins brutales et proches d’une chute saisonnière, classique dans le veau », décrit l’Idele. Ces animaux, plutôt valorisés en grandes et moyennes surfaces (GMS) ou en boucherie traditionnelle, ne subissent pas la crise de plein fouet.

À lire aussi : « Grande distribution, la viande de veau, l’autre grande absente des rayons » (09-04-20)

« La cotation du veau rosé clair O s’est effondrée »

Les abattages semblent reculer de façon moins marquée, de l’ordre de 4,5 % la semaine dernière par rapport à la semaine de Pâques de 2019. Cependant, les cotations des veaux moins conformés poursuivent leur baisse. En semaine 16 [du 13 au 19 avril 2020], la cotation du veau rosé clair O élevé en atelier s’établit à 5,03 €/kg, soit un recul de 4 % par rapport à l’an passé et de 14 % au regard de 2018.

Le veau rosé clair R, bien qu’il ne soit pas directement impacté par la crise, voit néanmoins sa cotation baisser de 4 centimes par rapport à la semaine 15 [du 6 au 12 avril 2020]. « Son cours, à 5,93 €/kg, est supérieur de 3 % à celui de 2019 mais s’éloigne de plus en plus de son niveau de 2018 (–7 %) », décrit Lina-May Ramony.

Du côté de la filière néerlandaise, durement touchée également, « les experts estiment que les abattages ont été réduits de moitié depuis la semaine 11 [du 9 au 15 mars 2020], lors des prises de mesures de confinement en Italie », informe l’experte. La cotation du veau de boucherie pie noir néerlandais, à 3,95 €/kg en semaine 16, perd 12 % par rapport à 2019.

« En mars, les poids restent élevés »

Concernant l’âge et le poids des veaux à l’abattage, « jusqu’en mars, ces indicateurs étaient stables par rapport aux niveaux élevés de 2019. Mais le fort ralentissement des abattages, observé dès la semaine 12 [du 16 au 22 mars 2020], a d’autant plus marqué ce phénomène d’alourdissement et de vieillissement des animaux déjà enclenché l’an passé. Les effectifs de mâles laitiers de 3 à 7 mois présents en ferme ont bondi de 5 % en semaine 16 par rapport à 2019, » explique Lina-May Ramony. Pour limiter l’état d’engraissement des veaux, les intégrateurs doivent adapter les plans d’alimentation, que mettent en œuvre les éleveurs. »

Aide au stockage privé limitée

Les professionnels de la filière, par l’intermédiaire de plusieurs canaux, avaient fait remonter des demandes de soutien public. Le mercredi 22 avril (2020), la Commission européenne a annoncé des mesures d’aide pour les filières de la viande, notamment sur le stockage privé. Néanmoins, cette disposition n’est applicable qu’aux animaux de plus de 8 mois, pouvant inclure les veaux rosés.

D’autre part, seules les pièces arrière et la viande fraîchement abattue peuvent bénéficier du stockage privé. Ainsi, les viandes congelées avant le 22 avril 2020, date de la prise de décision de la Commission, ne peuvent être éligibles », explique Philippe Chotteau, responsable du département en charge de l’économie à l’Idele.

Lucie Pouchard
Focus sur le veau nourrisson

Si les difficultés logistiques semblent être surmontées par les opérateurs de la filière, la demande en veaux nourrissons reste réduite. « Faute d’effectifs sur les foirails, la cotation pour les veaux nourrissons reste suspendue, traduisant bien l’état du marché actuel », indique Lina-May Ramony de l’Idele.

« Par prudence, mais aussi en anticipation de l’excédent actuellement stocké sur pieds ou en frigos, les intégrateurs continuent de limiter les mises en place en France et le retard des abattages ralentit l’installation des bandes prévues », signale l’Idele dans sa note de conjoncture hebdomadaire.

Les effectifs de jeunes bovins laitiers en baisse

« L’engraissement de jeunes bovins (JB) laitiers est en net recul. Une baisse structurelle qui s’est accentuée depuis l’arrivée de l’épidémie de Covid-19. Ainsi, entre janvier et mars 2020, les abattages sont en repli de 9 % par rapport à 2019 », calcule Lina-May Ramony. Concernant l’Espagne, l’activité tourne aussi au ralenti. « Ce marché à l’exportation, qui absorbe 14 à 15 % des volumes habituellement, a drastiquement réduit sa demande pour les veaux holsteins, en lien avec un commerce de la viande très déprimé. »

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