« Nous avons décidé de réduire le plan d’investissement de 25 à 30 %, avec du report sur 2021 pour ne pas handicaper les résultats économiques de 2020 », a déclaré le 1er juillet 2020 lors d’une visioconférence de presse Ludovic Spiers, le directeur général d’Agrial, qui réalise 26 % de ses ventes hors de France.

L’impact du Covid-19

Pendant le confinement, la coopérative a accusé un repli moyen de 7 % de son chiffre d’affaires agroalimentaire, « une baisse supportable pour un groupe comme Agrial », a-t-il estimé. Entre mars et juin, la coopérative a vu ses ventes progresser dans la grande distribution, mais reculer pour les produits destinés à l’industrie agroalimentaire, à l’exportation, ou à la restauration.

Ludovic Spiers assure que la coopérative a tout fait pour que la crise soit « un non-évènement » pour les agriculteurs. Les livraisons d’engrais et de semences ont pu être réalisées, tout autant que la collecte du lait par exemple. « Nous avions les stocks nécessaires. Le seul problème a été de trouver des chauffeurs », a-t-il précisé.

« On a mis la pédale douce sur les investissements »

Agrial estime à 20 % sa « baisse de performance liée à la baisse d’activité et aux surcoûts industriels et logistiques ». Elle annonce chercher à réduire ses frais fixes, limiter les embauches et les investissements, après plusieurs années marquées par des acquisitions.

« On a mis la pédale douce sur les investissements », a résumé son président, Arnaud Degoulet. « On ne va pas trop appuyer sur l’accélérateur », a complété Ludovic Spiers, soulignant qu’ils étaient « très inquiets » quant à l’« absence de visibilité sur le monde agricole et le monde des affaires dans les 18 prochains mois ». Aucune fermeture ni plan de restructuration n’est prévu.

Ventes en hausse, mais résultat net en baisse

Sur l’exercice 2019, la coopérative a enregistré des ventes en hausse de 4,3 %, à 6,09 milliards d’euros, récoltant le plein effet des acquisitions en 2018 d’un cidrier (Aston Manor) au Royaume-Uni et d’un fromager en Allemagne (Rotkäppchen). « Cette performance [lui] a permis de voter un retour aux adhérents de 12 millions d’euros lors de son Assemblée générale [2020], soit près du quart du résultat net », annonce-t-elle.

© Le chiffre d’affaires d’Agrial est en progression depuis 2015. Il a augmenté de 4,3 % entre 2018 et 2019. ©Agrial

Son résultat net est en repli de 9,7 %, à 52,1 millions d’euros. « Principalement deux effets exceptionnels » sont en cause, a précisé à l’AFP Sarah Deysine, directrice du projet d’entreprise et de la communication d’Agrial : une moins-value sur la cession de Florette Suisse et Italie, ainsi que la perturbation de la collecte laitière causée par l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso, en septembre 2019.

Les marques se développent

La croissance du chiffre d’affaires enregistrée sur l’année 2019 est grandement expliquée par les bonnes performances des marques d’Agrial (salades Florette, cidre Loïc Raison, fromage Pavé d’Affinois,…). Elles représentent « désormais plus d’un tiers du chiffre d’affaires agroalimentaire ».

La coopérative a noté, toujours en 2019, un retour « à un niveau de contribution satisfaisant » de la branche Légumes et Fruits ; 2018 ayant été affaiblie par « des conditions climatiques très pénalisantes en quatrième gamme ». Progession également pour la branche Lait, qui permet une hausse du prix du lait.

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R.B. et H.P. avec l’AFP

Agrial dispose de 150 sites de production implantés dans 11 pays et développe des activités agroalimentaires dans les domaines du lait, des légumes et fruits frais, des boissons et des viandes. Il regroupe environ 12 500 agriculteurs-adhérents et 22 000 salariés. En 2019, il a réalisé 6,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires.