Sur le volet agricole de France Relance, Julien Denormandie, en visite hier dans l’abattoir Gexal à Perrigny dans le Jura, annonçait allouer 130 millions d’euros au plan de modernisation des abattoirs. Dans un communiqué le jour même, la Conf’ ne s’estime pas convaincue par le discours du ministre de l’Agriculture. « Sans choix politique clair, nous courons le risque de voir ces 130 millions d’euros siphonnés, encore une fois, par les grands groupes industriels », déplore le syndicat minoritaire.

Le ministre doit « faire un choix »

Alors que les abattoirs de proximité représentent un maillon essentiel aux territoires, ils sont aujourd’hui « pris en étau entre les campagnes ciblées de déstabilisation menées par les associations véganes, d’un côté, et la pression économique exercée par les géants industriels comme Bigard, de l’autre », dénonce la Conf’.

Pour le syndicat, les soutiens publics accordés dans le cadre du plan de modernisation des abattoirs doivent être mobilisés sur « la pérennisation des outils de proximité » et « l’accompagnement des initiatives paysannes pour un abattage local ». La Conf’, qui souhaite un ton plus affirmé du ministre dans ses annonces, lui demande de faire un choix clair : « Soit vous choisissez Bigard et les financiers, […] soit vous choisissez les paysan.ne.s, les territoires et les attentes des citoyen.ne.s ! »

> À lire aussi : Filière, le Modef appelle à préserver les abattoirs publics de proximité

(18/09/2020)

Lucie Pouchard