« Je ne comprendrais pas que ma mesure soit rejetée ce soir parce qu’elle est équilibrée, et elle est efficace, a estimé l’élu de la Charente-Maritime et rapporteur du texte ce jeudi matin, le 12 janvier 2017 sur RMC. Le risque de flicage des salariés ne tient pas […] puisque la direction de l’établissement n’est pas destinataire des images. »

Les caméras retoquées une première fois

« Les destinataires des images […] ce sont les services d’inspection vétérinaires », a déclaré Olivier Falorni, ajoutant que « toute utilisation ou divulgation des images pour d’autres fins que celles de la maltraitance » serait condamnée « par 5 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende ».

En décembre, sur proposition de certains écologistes, des centristes et LR, l’article visant à rendre obligatoire l’installation de caméras dans toutes les zones où des animaux vivants sont manipulés a été supprimé en commission des affaires économiques, pour des raisons de coûts et de « pression » sur les salariés.

Les ONG montent au créneau

Les socialistes s’y sont également opposés, certains se prononçant plutôt pour une expérimentation.

« Mon amendement dit : on expérimente pendant l’année 2017, on met en application au 1er janvier 2018, a martelé Olivier Falorni. Expérimenter sans fixer le cap, c’est expédier cette mesure à la poubelle, je m’y opposerai. »

Dans un courrier commun, dix ONG de protection animale, dont les fondations 30 millions d’amis et Brigitte Bardot, le CIWF et L214, ont appelé les députés à soutenir l’amendement d’Olivier Falorni afin que la proposition de loi sur l’abattage ne soit « pas vidée de toute substance ».

De son côté, Culture Viande déclare dans une tribune mise en ligne le 11 janvier 2017, que « la protection animale à l’abattoir n’est pas une affaire de caméras même si certains profitent de ce débat de société pour exister médiatiquement ». Le syndicat d’abatteurs assure qu’imposer des caméras « reviendrait à dire que tous ces hommes et ces femmes, salariés d’entreprises et contrôleurs des services vétérinaires de l’État, ne font pas, ou mal, leur travail ».

AFP