La FNSEA s'est déclarée jeudi en faveur d'un amendement de l'UMP qui autorise un assouplissement des normes d'élevage en France, en alignant la législation sur les installations classées soumises à autorisation sur les règles européennes. Il ne s'agit pas « d'une mesure anti-environnementale », a assuré le syndicat, dans un communiqué. Coop de France soutient également cet amendement.

Introduit par le député Marc Le Fur (UMP, Côtes-d'Armor) dans le cadre du projet de loi de modernisation de l'agriculture (LMA), il permet un alignement de la législation française sur la législation européenne, fait valoir le syndicat.

Selon la législation concernant les installations classées, en France les élevages sont soumis à autorisation à un seuil de 150 truies, contre 750 en Europe, cite à titre d'exemple la FNSEA, pour qui « cet écart n'est plus supportable ».

« Il ne s'agit pas d'une mesure anti-environnementale », assure la FNSEA, avant de souligner que « l'agriculture française veut tout simplement être à armes égales avec ses partenaires européens. »

« Cette égalité des chances donnée aux producteurs français pour vivre de leur métier dans un marché concurrentiel européen redonnera de la compétitivité à nos filières en leur permettant de moderniser un parc de bâtiments de plus en plus vétuste et de procéder aux aménagements nécessaires pour la mise aux normes relative au bien-être animal », explique de son côté Coop de France.

L'organisation affirme apporter « un soutien sans réserve aux députés qui portent ces amendements et demande au gouvernement de confirmer le vote de la commission économique » de l'Assemblée nationale.

La Confédération paysanne s'est déjà déclarée opposée à cette mesure qui ne résoudra pas, selon elle, la crise porcine actuelle.

Jean-Yves Le Drian (PS), président de la région Bretagne qui assure plus de la moitié de la production française de porc, a demandé lundi le retrait de cet amendement, jugeant celui-ci « démagogique et dangereux » alors que l'élevage est mis en cause dans la prolifération des algues vertes qui affecte la région.

Les Verts Bretagne (opposition régionale) ont également condamné cet amendement, le qualifiant « d'irresponsable vis-à-vis de l'environnement » et de « suicidaire pour la majorité des éleveurs bretons, déjà victimes d'une crise de surproduction ».

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