« Cette démarche, qui s’insère dans le plan de filière, a pour objectif de créer un socle commun à l’ensemble des acteurs concernés, explique Daniel Perrin, éleveur et président de la commission scientifique, technique et environnementale du Cniel, l’interprofession laitière, dans un entretien accordé à La France Agricole. Il ne s’agit pas de créer un label ou une segmentation produit “Bien-être animal” mais bien d’avoir un prérequis national à la mise sur le marché. »

Lancée à la fin de 2017, la genèse des indicateurs a pris fin il y a un mois, après validation par le conseil d’administration du Cniel. « Le travail s’est fait en coconstruction via l’implication des trois collèges de l’interprofession, producteurs, coopérateurs et industriels privés, et de groupements techniques et scientifiques à l’image de l’Institut de l’élevage », précise Nadine Ballot, responsable du dossier au Cniel.

Répondre aux libertés fondamentales

La sélection des indicateurs s’est faite selon cinq grands principes : répondre aux onze principes énoncés par l’Organisation mondiale de la santé (OIE) et aux cinq libertés, avoir un intérêt technico-économique pour l’éleveur, être centré sur l’animal (en opposition aux attentes sociétales) et être facilement observables. Bilan des courses, 16 indicateurs ont été retenus et classés, arbitrairement, selon les cinq libertés énoncées par le Farm animal welfare council :

  • Ne pas souffrir de faim et de soif : place à l’auge et à l’abreuvoir, état corporel ;
  • Ne pas souffrir d’inconfort : propreté des animaux, place de couchage ;
  • Ne pas souffrir de blessures et maladies : prévalence et prise en charge des blessures et boiteries, santé mammaire avec cellules et mammites, mortalité, plan de gestion de la santé (infirmeries, carnet sanitaire), soin aux veaux avec échange autour des pratiques d’ébourgeonnage et de distribution du colostrum ;
  • Exprimer un comportement naturel : présence d’une aire d’exercice, plan de gestion des événements climatiques extrêmes ;
  • Ne pas éprouver de peur et détresse : distance d’évitement des animaux vis-à-vis de l’évaluateur accompagné de l’éleveur.

Déploiement national entre 2020 et 2022

Ces indicateurs vont venir s’agréger à la charte des bonnes pratiques d’élevage. « Une heure trente à deux heures supplémentaires seront nécessaires à la réalisation de l’audit », ajoute Nadine Ballot. L’outil BoviWell, déjà bien connu de certains éleveurs, sera utilisé pour calculer le score final de l’audit bien-être, compris entre 0 et 100, à partir des notes et observations des auditeurs.

Le guide de l’évaluateur, en cours de construction, permettra d’accompagner l’éleveur dans sa démarche de progrès à l’aide d’outils techniques, ressources internet et conseils pratiques. Une communication à destination du grand public n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour. « La priorité est à l’adhésion des éleveurs », conclut Daniel Perrin.

A. Courty