C’est à l’invitation de Marietta Karamanli, députée PS de la Sarthe et secrétaire de la Commission des affaires européennes à l’assemblée, que l’eurodéputé Éric Andrieu a pris la parole le 10 avril 2019.

« Emmanuel Macron avait les moyens d’aboutir sur les pesticides, en investissant et en encourageant les produits de substitution. Mais finalement, nous n’avons toujours pas d’échéance », déplore le député européen.

Et du point de vue de son groupe, seule une action concertée entre l’Europe et les parlements nationaux pourra accélérer cette transition agroécologique qu’il espère.

La gauche française interpellera le prochain Parlement européen

Par des auditions, qui se dérouleront jusqu’à l’été prochain à l’initiative de Marietta Karamanli, le groupe socialiste de l’assemblée déclare préparer une future saisie du futur Parlement européen sur la question des pesticides.

« Une date de sortie décidée unilatéralement n’aurait aucun sens. Elle doit être définie collectivement pour avoir un véritable effet. Une harmonisation à l’échelle européenne est également nécessaire, tout comme des investissements dans la recherche et l’innovation », explique la députée de la Sarthe. Pour elle, il est ainsi « impensable d’interdire les molécules, sans avoir des solutions viables à proposer ».

Les députés socialistes souhaitent également interpeller la Commission européenne. « Les différents plans concernant les pesticides n’ont jamais envisagé ni l’accompagnement des producteurs, ni la recherche. Sur ce dernier volet d’ailleurs, il nous semble nécessaire de financer des instituts indépendants : le secteur privé à lui seul ne trouvera pas toutes les solutions », estime Marietta Karamanli.

« L’hypocrisie des CEPP »

La gauche a beaucoup à dire sur les hésitations du gouvernement actuel autour des pesticides. Selon Dominique Potier, député de la Meurthe-et-Moselle, l’ordonnance de mise en application des États-généraux de l’alimentation, annulant les sanctions prévues pour les distributeurs n’atteignant pas leurs objectifs de CEPP est « une hypocrisie insupportable ».

Autre scandale selon le député : la nouvelle version de la loi Pacte prolongeant l’autorisation de production de molécules interdites sur le territoire français pour les entreprises. « Si l’atrazine, par exemple, a été arrêtée en France, je ne vois aucune raison de la vendre ailleurs, puisqu’elle y produira les mêmes effets », s’agace-t-il.

Selon Éric Andrieu, ces échecs rejoignent l’actualité électorale, et ne font qu’illustrer sa conviction : « Il est nécessaire, plus que jamais, de rapprocher les travaux du Parlement européen, de l’Assemblée et du Sénat. Le travail, sur les pesticides comme sur d’autres sujets, en serait accéléré et simplifié. »

Ivan Logvenoff