En mars 2021, l’excédent des échanges agroalimentaires français atteint 742 millions d’euros, soit une baisse de 190 millions d’euros par rapport à mars 2020.

Dans sa note d’infos rapides du 14 mai 2021, Agreste (1) explique ce recul par la forte croissance des importations (+717 millions d’euros, soit + 15 % en valeur) qui fait plus que contrebalancer la progression des exportations (+527 millions sur un an, soit + 9 %).

Pourtant, le mois de mars 2020 avait été marqué par une contraction des échanges liée à la crise sanitaire mondiale du Covid-19 et au début du premier confinement.

L’excédent agroalimentaire français chute sur le marché mondial

L’excédent commercial agroalimentaire diminue principalement avec l’Union européenne et, dans une moindre mesure, avec les pays tiers.

Avec l’Union européenne, le solde des échanges est déficitaire à –78 millions d’euros. Il perd ainsi 156 millions sur un an du fait de la hausse des importations (+385 millions, soit +12 %), qui est supérieure à celle des exportations (+229 millions, soit +7 %). La hausse des importations concerne pour près des deux tiers les produits transformés et touche tous les produits sauf la viande porcine.

Avec les pays tiers, l’excédent s’établit à 820 millions d’euros, en baisse de 34 millions d’euros par rapport à mars 2020. Il est pénalisé par la hausse des importations (+332 millions d’euros sur un an, soit +20 %) qui concerne aussi bien les produits bruts que les produits en lien notamment avec des achats de produits de la pêche en provenance du Royaume-Uni et de la Norvège, de graines oléagineuses de tourteaux, d’huile, ainsi que d’autres produits alimentaires.

L’excédent commercial agroalimentaire diminue principalement avec l’UE et, dans une moindre mesure, avec les pays tiers. © Agreste. Source : Douanes — CPF rév. 2.1, 2015

Les exportations de céréales se replient

En mars 2021, le solde des échanges de produits agricoles bruts reste excédentaire, à +168 millions d’euros. Il marque cependant une baisse de 358 millions d’euros par rapport à mars 2020. Cette évolution résulte pour près des deux tiers de la dégradation du solde des échanges avec les pays tiers (–233 millions d’euros sur un an).

Les exportations se chiffrent à 1,7 milliard d’euros et régressent ainsi de 62 millions d’euros, soit un repli de 4 % par rapport à mars 2020. En particulier, la valeur des expéditions de céréales diminue de 141 millions d’euros, soit une perte de 16 % sur un an. Les ventes de blé tendre apparaissent comme les principales contributrices à cette évolution à travers la baisse des quantités exportées d’une année sur l’autre (–0,8 million de tonnes) notamment vers la Chine, l’Algérie et l’Égypte et ce, malgré la progression des tonnages vers le Maroc. La hausse des ventes des autres produits bruts (sauf des légumes) et notamment des produits de la pêche atténue en partie la baisse globale.

Les importations (1,5 milliard d’euros) croissent de 296 millions d’euros (+24 % par rapport à mars 2020). Les produits halieutiques (principalement des saumons frais) mais aussi les fruits et légumes (tomates du Maroc, avocats et fraises de l’Espagne) et les graines de colza sont plus particulièrement concernés ; la valeur de leurs achats augmentant respectivement de 77, 56, 47 et 36 millions sur un an.

La valeur des expéditions de céréales diminue de 141 millions d’euros, soit une perte de 16 % sur un an. © Agreste. Source : Douanes — CPF rév. 2.1, 2015

Les importations d’huiles et de tourteaux reprennent

L’excédent des échanges de produits transformés atteint 574 millions d’euros en mars 2021, soit une augmentation de 168 millions d’euros par rapport à mars 2020. Sur un an, la hausse de l’excédent commercial concerne exclusivement les pays tiers (+200 millions d’euros).

Les exportations (4,5 milliards d’euros) progressent de 589 millions d’euros (+15 % sur un an). Si cette hausse concerne quasiment tous les produits transformés, la croissance des ventes de vins est marquée (+213 millions, soit +32 % par rapport à mars 2020) tout comme celle des spiritueux (+132 millions, soit +45 % sur un an) notamment vers les États-Unis et la Chine alors que le contexte pour ces produits était tout autre l’année dernière à la même époque (taxes américaines sur les importations de vins français, confinement…).

La valeur des importations (près de 4 milliards d’euros) augmente de 421 millions d’euros (+12 % par rapport à mars 2020). Là encore, cette hausse concerne la quasi-totalité des produits transformés, notamment les huiles, tourteaux et corps gras et les autres produits alimentaires (avec respectivement +98 et +117 millions d’euros sur un an).

Oriane Dieulot

(1) Agreste : service de la statistique du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

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