Une centaine de salariés de l'abattoir Doux de Pleucadeuc (Morbihan), dont la liquidation judiciaire a été prononcée la semaine dernière, entraînant la suppression de 147 emplois, ont entamé, ce mardi 21 mai 2013 dans la matinée, le blocage illimité d'un autre site du groupe, à La Vraie Croix, près de Vannes (Morbihan).

Les salariés avaient lancé ce blocage vers 10h00, mardi matin, et ont voté, mardi après-midi, le blocage illimité. L'usine de La Vraie Croix était auparavant approvisionnée par l'abattoir de Pleucadeuc et les salariés licenciés veulent savoir par qui ils ont été remplacés.

« Doux Pleucadeuc : 400 emplois sacrifiés au nom du profit. Merci Charles (ndlr, en référence au PDG du groupe, Charles Doux, qui vient de passer la main à son fils), bonne retraite dorée », pouvait-on lire sur une banderole. L'été 2012, 270 emplois avaient été supprimés sur le site de Pleucadeuc, auxquels s'ajoutent les 147 emplois supprimés la semaine dernière.

Interrogé sur la prise de contrôle probable du groupe par l'homme d'affaires Didier Calmels, rendue publique mardi, le secrétaire du comité d'entreprise et délégué de la CFDT à Pleucadeuc, Gérard Gillet, a déclaré : « C'est lamentable, c'est tout bénef' pour lui car il n'a plus de dettes à payer et il n'a plus que du profit en perspective. Il ne faut pas qu'il oublie les 1.200 salariés licenciés depuis un an » au sein du groupe Doux. « On aurait préféré un industriel à un financier pour lequel seul compte le résultat », a ajouté M. Gillet.

Didier Calmels prendrait les deux tiers du capital du volailler et rachèterait notamment les créances de la Barclays Bank, premier créancier du groupe pour environ 150 millions d'euros. La famille Doux et la BNP conserveraient un tiers du capital.

Dans le cadre d'une restructuration, Doux s'est séparé de son pôle frais à l'été de 2012, liquidé au prix de la suppression d'un millier d'emplois. Le groupe s'est recentré sur ses deux autres pôles d'activité, l'exportation et la viande transformée vendue sous la marque Père Dodu.

La justice, qui examinait mardi la situation du groupe, rendra, le jeudi 23 mai, sa décision sur une éventuelle prolongation de la période d'observation du volailler en redressement judiciaire.