Certains agriculteurs explorent une piste de diversification bien dans l’air du temps : devenir le fournisseur de sens pour ceux qui travaillent dans les grandes entreprises.

Depuis longtemps, des agriculteurs valorisent leurs corps de ferme en les louant pour des mariages ou des séminaires d’entreprise sans pour autant valoriser le métier d’agriculteur qui s’exerce sur le même site. Désormais, des offres émergent pour inclure l’activité agricole dans le programme des séminaires destinés à souder les équipes qui passent leurs journées dans des bureaux.

Coach certifiée en management, Catherine Silvestrin cherche à structurer ce type d’offres à travers Agrolife, une prestation qu’elle propose depuis un an aux chefs d’entreprise. Son ambition consiste à faire de la découverte de la profession d’agriculteur, qu’elle estime méconnue, l’objet même, ou au moins d’une partie, du séminaire.

Rapprocher les deux mondes, l’urbain et l’agricole

« Cette idée m’est venue à la fin de 2017 lorsque j’ai découvert, effarée, le mal-être des agriculteurs quand l’actualité se focalisait sur le taux de suicide dans cette profession. Je l’ai rapproché du sentiment de vacuité que je voyais dans les entreprises où j’intervenais. Je me suis dit qu’il fallait rapprocher ces deux mondes, l’entreprise et l’agriculture, alors que tout est fait pour les éloigner », explique-t-elle. Pour elle, le métier d’agriculteur est celui qui peut redonner du sens aux autres métiers.

Elle propose des séminaires de deux jours dans une quinzaine d’exploitations laitières, de vaches ou de chèvres, en Bretagne, en Île-de-France et en Savoie. En 2019, elle a organisé une dizaine de séminaires pour des cabinets d’avocats et des entreprises de services comme les banques et les assurances.

Le programme du séminaire comprend au moins une demi-journée de travail à la ferme par groupe de trois à quatre personnes accompagnées par l’exploitant agricole : traite, biberonnage des veaux, paillage, nettoyage… « Ces activités redonnent aux participants des valeurs d’humilité, de soin aux animaux, d’utilité pour la société », relate Catherine Silvestrin.

Les agriculteurs sont rémunérés par la location de l’exploitation et une vente de produits fermiers à l’issue du séminaire.

Éric Young