En plus de leurs productions agricoles, 57.000 exploitations exerçaient en 2010 des activités para-agricoles pour compléter leurs revenus, rapporte une analyse Agreste Primeur du ministère de l'Agriculture publiée le mercredi 19 juin 2013 (1).

Près de 70.000 actifs familiaux agricoles y participaient soit comme complément de leur travail agricole, soit comme fonction première sur l'exploitation.

Par ces activités, une petite exploitation diversifiée sur deux doublait au moins son chiffre d'affaires.

« L'éventail des domaines de production des agriculteurs, le potentiel de leur patrimoine foncier, ainsi que la diversité de leur situation géographique ouvrent un large champ aux activités de diversification réalisées dans les exploitations : hébergement, restauration, loisirs, visites pédagogiques, transformation des produits de la ferme, artisanat, travail à façon, production d'énergie renouvelable... », indique cette analyse réalisée sur la base des relevés réalisés lors du recensement agricole de 2010.

Avec 21.200 exploitations concernées, la transformation représentait en 2010 la principale activité de diversification pratiquée par les agriculteurs (37 % des exploitations diversifiées). Signe de leur volonté de maîtriser l'ensemble des processus reliant leur produit au consommateur, une très grande majorité de ces exploitants (80 %) assuraient également la distribution par la vente en circuit court.

L'activité de transformation des produits agricoles se concentre principalement dans la moitié sud de la France.

Le travail à façon était, quant à lui, exercé par 17.300 exploitations (30 % des exploitations diversifiées, une proportion en progression par rapport à 2000). Ces prestations de service peuvent être réalisées pour le compte d'une autre exploitation agricole, pour une collectivité, une entreprise ou même un particulier.

La grande majorité des travaux à façon sont relatifs à des activités agricoles (labour, moisson, vendanges...).

La plupart des exploitations pratiquant ce mode de diversification étaient, au sens de leur dimension économique, de grande taille (60 %) et spécialisées pour moitié d'entre elles en grandes cultures.

Les chefs d'exploitation optent généralement pour ces travaux complémentaires afin de rentabiliser les investissements engagés sur les machines agricoles et le voient comme un moyen de pérenniser le travail sur l'ensemble de l'année.

Venaient ensuite les activités agritouristiques, hébergement, restauration et activités de loisir. Au total, 13.800 exploitations en France métropolitaine étaient impliquées en 2010 dans ce tourisme rural (24 % des exploitations diversifiées). Ce nombre est plus faible qu'en 2000, mais, conjugué à la baisse globale des exploitations et à l'émergence de nouvelles activités de loisir, le poids des activités agritouristiques dans la diversification progresse tout de même.

Ces activités se retrouvent plus fréquemment dans les zones géographiques présentant une attractivité touristique (littoral, zones de montagne), ainsi que dans celles à forte identité patrimoniale.

L'analyse note la montée en puissance de la production d'énergie renouvelable dans les activités de diversification.

Sur les 7.000 exploitations disposant d'installations de production d'énergie renouvelable en 2010, 1.900 revendiquaient leur production d'énergie : un nombre multiplié par dix en dix ans, selon l'analyse.

Cette activité a progressé fortement dans les exploitations de grande taille, au premier rang desquelles les céréaliers.

« Cependant, cette activité demeure encore très dépendante de la variabilité des prix du marché des énergies, et notamment la production d'électricité solaire photovoltaïque qui a été fortement impactée depuis par la baisse du prix d'achat de l'électricité intervenue en 2011 », relativise le document.

De manière générale, si « dans les exploitations de grande taille, les activités de diversification sont souvent des revenus d'appoint à l'activité agricole » – 63 % des exploitations diversifiées déclarent en retirer moins de 10 % de leur chiffre d'affaires – pour les « exploitations de petite taille, en revanche, l'activité de diversification supplante, dans une majorité des cas, la production agricole comme première source de revenu de l'exploitation », explique la note Agreste Primeur. Une petite exploitation diversifiée sur deux génère plus de la moitié de son chiffre d'affaires par les revenus tirés de son activité de diversification.

Certaines activités telles que la transformation des produits agricoles génèrent un revenu significatif, quelle que soit la dimension économique de l'exploitation : 45 % des exploitations qui choisissent cette diversification en tirent au moins la moitié de leur chiffre d'affaires.

A télécharger :