« Les magasins bio sont plus souvent situés dans les grandes villes que leurs homologues

non-bio », souligne l’Insee dans sa nouvelle étude publiée le 29 octobre 2019. En 2016, près de 83 % des magasins bio étaient ainsi implantés dans de grands centres urbains, contre 71 % pour les magasins non-bio.

Les magasins alimentaires spécialisés dans le bio sont principalement implantés dans les aires urbaines et les régions les plus dynamiques sur le plan économique © Insee

L’idée d’une distribution bio réservée aux hypercentre pourrait cependant être bientôt caduque. Comme l’indique l’institut de la statistique, « les jeunes magasins bio s’installent dans des zones un peu moins denses : 6 800 habitants par km² dans la zone de chalandise », contre 7 300 autour des distributeurs bio présents depuis au moins dix ans.

Un employeur dynamique

Bon point pour l’image de la bio, les magasins emploient environ 5,5 équivalent temps plein (ETP) en moyenne par magasin, quand les magasins non-bio n’emploient que 1,7 ETP. En dehors de cette densité d’emploi, le profil des salariés en bio demeure « proche » de celui des salariés des supermarchés. Dans la bio, 60 % des salariés sont des femmes et 81 % des salariés ont des contrats à durée indéterminée. Des chiffres qui s’élèvent à 65 % et 85 % dans les supermarchés non-spécialisés.

Rentabilité élevée

« Un salarié génère plus de valeur ajoutée dans un magasin bio », relève l’Insee. Environ 28 % de plus, puisque, comme l’estime l’Insee, un salarié d’un magasin bio génère 54 000 euros en moyenne de valeur ajoutée, là où son homologue non-bio s’affiche à 42 000 euros.

« Le taux de marge y est également supérieur », souligne l’Insee. À 32 %, les magasins bio dépassent les taux de rentabilité des supermarchés non-bio de près de 13 points. Des chiffres à nuancer dans la mesure où le modèle économique des grandes surfaces non-bio est « fondé sur un volume élevé associé à des prix de vente plus faibles ».

Une question de modèle

L’Insee observe que « les modèles du commerce intégré et franchisé sont aussi fréquents parmi les magasins bio et les non-bio », avec respectivement 18 et 11 % des magasins. Près de 18 % des magasins bio adhèrent cependant à un groupement, contre 6 % en non-bio.

Le phénomène serait encore plus visible sur les magasins les plus récents, puisque « les magasins bio de moins de deux ans sont davantage organisés en réseau d’enseigne », pour 62 % d’entre eux.

Un rapport récent de la plateforme Make.org indiquait que les Français préfèrent le circuit court au bio dans leurs achats. Les nouveaux magasins alimentaires non-bio sembleraient avoir compris cette logique, car près de 68 % d’entre eux exercent leur activité en dehors de tout réseau d’enseigne.

Ivan Logvenoff