Les coopératives n'ont pas attendu le Grenelle de l'environnement pour se lancer dans le développement durable. C'était le message que souhaitaient faire passer les sections ''Déshydratation'' et ''Métiers du grain'' de Coop de France, mardi 13 novembre à l'occasion de leur assemblée annuelle. «Nous avons des atouts à faire valoir et des adaptations à conduire au sein de nos structures», a expliqué le président Hubert Grallet à l'assemblée. Des unités de déshydratation qui réduisent le recours aux énergies fossiles grâce au biogaz, au suivi de plus en plus fin de la fertilisation azotée des parcelles, les intervenants ont multiplié les exemples pour démontrer que les coopératives avaient des arguments concrets sur lesquels communiquer.

Pour orchestrer les efforts de ses adhérents, Coop de France développe deux projets: un outil d'autoévaluation et une grille de notation adaptés aux métiers de la collecte et de la distribution en matière du développement durable, tous deux opérationnels d'ici à 2009. En attendant, Hubert Grallet a pris les devants à propos de la séparation des métiers entre distributeurs de produits et conseillers techniques, évoquée à l'occasion du Grenelle: «Il n'est pas question d'accepter que les coopératives renoncent au rôle de conseil technique aux agriculteurs.»

La durabilité doit aussi s'entendre d'un point de vue économique. «Comment, dans la compétition internationale, faire que nos produits ne soient pas dépassés par des exportateurs moins disant socialement et écologiquement», s'est ainsi interrogé Jacques Dedieu, haut fonctionnaire travaillant sur le développement durable au ministère de l'Agriculture, avant de reconnaître que les taxations et les barrières douanières ne pouvaient s'envisager que dans le cadre de discussions à l'Organisation mondiale du commerce. Evoquant le contexte mondial, Hubert Grallet a d'ailleurs rappelé une fois de plus l'attachement des coopératives à la constitution de stocks régulateurs, «seule solution pour stabiliser l'offre et éviter les à-coups sur les marchés».

G.O.