Ils sont 60 prévenus, récidivistes, néophytes ou simplement solidaires (1) de leurs camarades faucheurs. Ils témoignent à la barre, chacun à tour de rôle, sur leurs motivations devant les trois juges du tribunal correctionnel. C'était leur objectif : expliquer calmement pourquoi ils avaient sectionné et coupé en petits morceaux 70 pieds transgéniques en six minutes chrono, à 5h30, le matin du 15 août 2010.

Tous souhaitent surtout élargir le débat sur la nécessité, selon eux, pour la société de refuser toute expérimentation sur les OGM. « On fauche pour vous rencontrer », a lâché l'un d'entre eux à l'adresse de Martine Al Kanje, la présidente du tribunal.

Sur le fond, Jean-Pierre Frick, l'un des prévenus, viticulteur en biodynamie dans le Haut-Rhin, a expliqué que « la viticulture bio et les OGMsont incompatibles parce qu'il y a dissémination ». « C'est insidieux, car on ne le voit pas tout de suite », a-t-il ajouté.

L'Inra, partie civile, fustige la « désinformation » et les « préjugés » qui nuisent au débat. L'institut estime « injustifiable » la manière d'agir des faucheurs qui doivent répondre de « destruction de parcelle » et de s'être « introduits par effraction dans un terrain clos ».

Ils encourent jusqu'à trois ans de prison et 150.000 euros d'amende. Ils sont soutenus par une grosse centaine de sympathisants et de militants qui assistent au procès avant de se retrouver dans des débats et discussions programmés jusqu'au vendredi 30 septembre, jour de la fin des audiences.

_____

(1) Certains des prévenus n'ont pas directement participé à l'action, car ils sont arrivés trop tard sur les lieux pour y être actifs.

C.R.