Faire bloc pour défendre la Pac : tel était l’objet de la réunion de mercredi, à l’Assemblée nationale. Pour la première fois, les membres des commissions des affaires européennes du Sénat et de l’Assemblée nationale se réunissaient avec les eurodéputés français, afin de formaliser une position commune sur la Pac.

« Nous avons intérêt à agir collectivement, comme d’autres États membres le font », a souligné Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes du sénat, insistant sur l’« intérêt national » qui justifie de « dépasser les clivages partisans ».

Défendre l’édifice européen

Prenant la parole à tour de rôle, les parlementaires ont évoqué leur attachement à cette politique fondatrice de l’Union européenne, et évoqué leurs craintes, tant sur le budget que sur le « risque de renationalisation rampante ». Pari réussi, puisque les parlementaires ont adopté un document de consensus synthétisant, en douze points, leurs principales attentes pour la Pac.

Un budget à préserver

En premier lieu figure le maintien du budget de la Pac, en euros constants au lieu de la baisse de 15 % de ce budget (en tenant compte de l’inflation) proposée par la Commission. Une position qu’il faudra défendre au niveau européen, sachant que notre principal partenaire, l’Allemagne, second bénéficiaire de la Pac, ne partage pas la même position.

« La Pac n’est pas la priorité de nos homologues allemands, qui préfèrent mettre l’accent sur le numérique et la défense », a indiqué Sabine Thillaye, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée.

Pas de simplification en trompe-l’œil

Les parlementaires mettent également en garde contre le danger d’une « simplification en trompe-l’œil », qui pourrait se faire au détriment des agriculteurs et craignent les distorsions de concurrence à l’intérieur de l’Union européenne.

Ils ont aussi demandé que la Pac soutienne plus fortement les exploitations créatrices d’emploi et celles situées en zones défavorisées.

Virage complet ou stabilité ?

Toutefois, « les agriculteurs ont besoin de stabilité. C’est pourquoi il ne faut pas faire un virage à 180 degrés dans la nouvelle Pac », a plaidé Jérémy Decerle, l’ancien président de Jeunes Agriculteurs (JA) devenu député européen.

B. Lafeuille