Au cours des trois tables-rondes organisées par Rumeur publique en collaboration avec la BPI, banque publique d’investissement, différents experts ont pu faire le point sur l’enjeu environnemental qui se présente à l’agriculture.

Une situation d’urgence

Alors que l’agriculture de l’après-guerre a permis de multiplier par 2, voire par 3 les rendements, il serait, selon les experts, dorénavant temps de revoir les systèmes de production dans leur ensemble. L’accent a notamment été mis sur les sols agricoles et leur dégradation.

Une étude de la FAO montre que d’ici à 2050, 90 % des sols du monde seraient considérés comme dégradés, ce qui provoquerait une chute de 10 % de la productivité agricole. En parallèle, la population mondiale ne cesse de croître, et il devient urgent de s’adapter dès maintenant.

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Différentes solutions ont été abordées par les intervenants telles que limiter le travail du sol (allongement et diversification des rotations, couverture du sol), l’innovation ou encore la recherche. Mais dans un contexte de changement climatique et de répétitions d’événements météorologiques (inondations, sécheresse, grêle...) toujours plus nombreux, le monde agricole doit également faire preuve de résilience face à ces aléas.

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Des solutions pour améliorer sa résilience

Pour répondre à l’enjeu alimentaire de demain, il serait important d’apporter dès aujourd’hui des réponses résilientes. Quelques initiatives ont notamment été présentées telle que l’entreprise Vegetal Signals. Celle-ci propose des solutions technologiques de détection de stress hydrique ou de maladies sur les végétaux pour permettre d’intervenir le plus tôt possible et éviter une perte potentielle de récolte.

Chez Axa Climate, l’assureur propose « des outils paramétriques » qui indemnisent les agriculteurs selon ses données météorologiques, et non pas sur ses pertes de rendement, un outil plus « transparent », selon l’assureur. De plus, les acteurs en aval (transformateurs par exemple) peuvent également participer au financement de l’assurance des producteurs.

Un enjeu partagé par l’ensemble des acteurs

L’occasion de rappeler que l’enjeu environnemental doit être porté par l’ensemble des maillons. Anne Trombini, directrice de « Pour une agriculture du vivant », a rappelé à cet effet l’importance de donner une obligation de résultat et non pas de moyens aux agriculteurs. « Ceux qui innovent et cherchent de nouvelles pratiques prennent des risques et n’ont pourtant pas d’indemnisation en cas de perte de récolte. »

Il serait donc nécessaire que l’ensemble de la filière porte cette responsabilité. C’est le sens de l’entreprise La note globale, qui propose le concept de note multicritère des produits, lisible par le consommateur, qui permettrait in fine à ce dernier de faire un choix en connaissance de cause.

Alessandra Gambarini