Le mardi 31 janvier, Danone a annoncé que tous les éleveurs français fournissant ses usines avaient signé un accord pour revoir le calcul des prix du lait en y intégrant les coûts de production, afin de limiter la volatilité.

« Nous nous sommes mis d’accord avec les Organisations de producteurs (OP) sur une nouvelle formule de prix, pour une part reposant sur les indicateurs de marché, qui vont continuer à évoluer dans le temps, et une deuxième partie basée sur les coûts de production », a expliqué à l’AFP la directrice lait de Danone Produits Frais France, Sophie Godet Morisseau. Le concept de cette nouvelle formule de prix doit permettre de lutter contre la volatilité des prix du lait.

« Nous avons trouvé un accord avec l’ensemble des OP : 100 % des producteurs qui ont donné mandat aux OP vont bénéficier de ces nouvelles formules de prix », soit plus de 2 200 éleveurs, a indiqué Mme Godet Morisseau. En février 2016, cinq organisations de producteurs avaient signé un accord, mais il restait à en convaincre une sixième basée dans le Sud-Ouest.

Quels coûts de production ?

Cependant, selon nos sources, les discussions ne sont pas achevées avec toutes les OP sur la partie basée sur les coûts de production. Certains accords signés plus tôt sont encore provisoires. Or, d’ici le 1er avril 2017, les accords-cadres devront être signés pour toutes les laiteries du fait de la loi Sapin 2, imposant la prise en compte des coûts de production.

Il est important de préciser que « la formule de prix ne peut pas prendre en compte directement les coûts ou les prix propres aux producteurs ou à l’acheteur signataires », nous commentait en décembre dernier Francis Amand, le médiateur des relations commerciales agricoles. Considérant « les délais précipités », ce dernier tendait la main à tous les acteurs ayant besoin d’aide dans la mise en application de la nouvelle loi Sapin.

Céder sur les volumes

L’accord signé par Danone permet également « d’ajuster le volume de la collecte aux besoins des usines », sans toutefois « casser la dynamique laitière », selon le transformateur. Il s’agit entre autres de ne pas réallouer les volumes de production d’éleveurs qui passeraient au bio ou qui partiraient à la retraite. Des concessions que les producteurs ont acceptées en contrepartie d’un prix souvent plus rémunérateur que les autres grandes laiteries. Danone a payé ainsi près de 20 € de plus que Sodiaal ou Lactalis en 2016. « Mais nous avons fait un sacré effort sur les volumes », commente un éleveur.

Les organisations de producteurs qui avaient déjà signé le contrat il y a un an se sont engagées sur une baisse de 2 % des volumes en 2016, et la baisse sera dans « la même lignée » en 2017.

M.B. avec l’AFP