« On ne peut pas appliquer ce décret au 1er janvier. Tant que nous n’avons pas de réponse du gouvernement, nous allons continuer nos actions syndicales », a lancé Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA lors des vœux à la presse du syndicat ce 14 janvier 2020. N’ayant pas reçu de réponse du ministre de l’Agriculture sur sa demande de report de l’application des zones de non traitement, la FNSEA a annoncé qu’elle mènerait des actions « dans les prochains jours ».

« Les municipalités devront trouver d’autres solutions »

Elle prévoit de bloquer plusieurs stations d’épuration avec JA. « Les municipalités et les gestionnaires des stations devront trouver d’autres solutions que les agriculteurs », a lancé Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA. « L’épandage des boues des citadins est un service rendu gratuitement par les agriculteurs, a surenchéri Christiane Lambert, présidente du syndicat. Ces blocages doivent permettre d’entamer des discussions sur d’autres bases. »

Le syndicat veut poursuivre le travail sur « les chartes de bon voisinage qui portent la voie de la raison, du dialogue et du bien-vivre-ensemble ». Aucune date précise n’a été annoncée concernant ces blocages. Un calendrier devrait être présenté après le bureau de JA qui devait se réunir « aujourd’hui ou demain », selon Jérôme Despey.

La FNSEA prévoit aussi des actions au sein des commissions départementales de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). Mise en place en 2014, cette structure peut être consultée pour toute question relative à la réduction des surfaces naturelles, forestières et agricoles et sur les moyens pour limiter la consommation de ces espaces. Elle prévoit de bloquer les avis de cette commission lorsque les promoteurs et les aménageurs ne prendront pas en compte les zones de non-traitement dans l’emprise de leurs projets.

Aucun mot d’ordre national pour des actions intersyndicales

Interrogé sur les démarches entamées par la Coordination rurale (CR) en faveur d’actions intersyndicales, le secrétaire général de la FNSEA a indiqué qu’il n’y avait « aucun mot d’ordre national » en ce sens. Quant à la question soulevée par la Coordination rurale d’une éventuelle opposition de la « base de la FNSEA » à un moratoire, Jérôme Despey a répondu que la demande d’un tel report avait été validée avec le réseau.

Alexis Marcotte