Cette récolte devrait permettre de soutenir des exportations parties sur des bases records en valeur. Avec une estimation de 46,7 millions d’hectolitres, contre 46,1 millions à la fin d’août, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture juge même que la production de 2018 devrait être supérieure de 6 % à la moyenne des cinq années précédentes.

4 % au-dessus de la moyenne de 2012 à 2016

Selon les mêmes estimations communiquées lors du conseil spécialisé du vin de FranceAgriMer, la production reste même supérieure de 4 % à la moyenne des années 2012 à 2016, donc sans prendre en considération la récolte calamiteuse de 2017, selon Audrey Laurent, chargée d’études du vin sur le marché mondial.

Les services du ministère « ont revu les estimations à la hausse par rapport à l’ensoleillement » et ont par ailleurs « mieux estimé les pertes liées au mildiou et à la sécheresse », a précisé Audrey Laurent.

« Il y a eu de fortes attaques de mildiou, avec des conséquences très hétérogènes » selon les bassins de production, a rappelé Didier Josso, délégué pour les filières viticole et cidricole à FranceAgriMer.

Si des vignobles comme la Champagne ou la Bourgogne Beaujolais semblent pouvoir compter sur des rendements remarquables (respectivement +39 % et +20 % par rapport à la moyenne des années précédentes), les bassins du Languedoc-Roussillon (–2 %), du Sud-Est (–11 %) et de la Corse (–5 %) ont, comme annoncé lors des premières estimations, tous connu un recul.

Dans le Bordelais, même si certains domaines ont été très touchés par la grêle et le mildiou, les récoltants ont retrouvé des niveaux de production conformes à la normale, en augmentation de 9 % par rapport à la moyenne incluant la récolte cauchemardesque de 2017.

Des stocks en baisse

Du côté des stocks et notamment des VCI (volumes complémentaires individuels), destinés à dépanner les producteurs lors des mauvaises années, les Douanes ont dévoilé, sans surprise, des chiffres en nette baisse, « une évolution assez logique par rapport à la récolte décevante de 2017 », la plus modeste de l’après-guerre, a souligné Didier Josso.

Au global, les stocks destinés au commerce et à la production, à 47,8 millions d’hectolitres, baissent de 11 %. Les VCI, quant à eux, chutent de près de 70 %, mais vont remonter en flèche dans certains vignobles, après la belle récolte de cette année. Ils ont permis de soutenir les exportations françaises, qui se sont maintenues en volume (+1,6 %, à 14,68 millions d’hectolitres) d’août 2017 à juillet 2018 et ont même connu une hausse en valeur de 6,3 %, atteignant le chiffre d’affaires record de 9,35 milliards d’euros.

AFP