Dans sa dernière note de conjoncture sur la production de pommes, le ministère de l’Agriculture voyait le ciel plutôt sombre. L’ANPP, dans son dernier communiqué, annonce pour sa part une belle éclaircie. « La récolte devrait se situer à 1,5 million de tonnes en 2018, écrit l’association des producteurs, en légère progression par rapport à une année 2017 atypique. »

Malgré une campagne compliquée, les producteurs sont tout de même parvenus à dégager une production d’un volume normal. Pour Sandrine Gaborieau, responsable du marketing et de la communication à l’ANPP, « les conditions à la floraison ont été très pluvieuses dans certaines régions, mais leur effet sera atténué par l’éclaircissage ».

Les vergers sont passés entre les gouttes

Selon le communiqué de l’ANPP, le soleil de l’été aurait permis de combler « le retard de précocité lié au printemps froid et pluvieux ». Tant la qualité que la quantité devraient être au rendez-vous : les conditions estivales ont également « bénéficié à la qualité gustative des fruits ». Ces prévisions devront toutefois être confirmées en fin de récolte. « La sécheresse, estime Sandrine Gaborieau, pourrait avoir joué sur le calibre localement, mais c’est un peu trop tôt pour le dire. »

C’est grâce à l’irrigation que les arboriculteurs ont passé l’été. « La plupart des vergers, rappelle Sandrine Gaborieau, sont irrigués. » La sécheresse aurait donc pu avoir un effet local, mais « de façon générale les producteurs ont réussi à gérer cette canicule, en adaptant l‘irrigation ».

Voie libre sur le marché international

Autres bonnes nouvelles pour les producteurs de pommes : les autres pays de l’Europe de l’Ouest, leurs principaux concurrents, affichent, « un déficit [de production] de 6 % ». L’Europe de l’Est, et notamment la Pologne, attend une belle récolte, mais, rappelle l’ANPP, « celle-ci est davantage destinée à la transformation ».

Un peu plus loin, en Chine, « la chute de production atteint 12 millions de tonnes, autrement dit un déficit équivalent à la production européenne ». Cette situation devrait renforcer la présence de la France sur les marchés étrangers. L’Hexagone, souligne le communiqué, « exporte 35 à 40 % de sa production dans plus de cent pays ».

Repos au sud, plein pot au nord

« La récolte est terminée dans le Sud-Est en gala et reine de reinettes », explique Sandrine Gaborieau. Elle est en cours dans le Sud-Ouest et le Val de Loire, mais elle n’a pas démarré dans le Nord. « La plupart des producteurs auront terminé à la fin octobre, juge Sandrine Gaborieau, et ne resteront alors plus que les variétés tardives. » La pink lady, par exemple, est plutôt cueillie vers novembre.

Du côté des poires, les nouvelles sont également bonnes. La production, note l’ANPP dans son communiqué, « revient au niveau moyen des récoltes de 2014 à 2016 ». Les deux premières variétés à arriver sur le marché, guyot et williams, bénéficient « d’excellentes qualités gustatives ».

Ivan Logvenoff