À l’heure où les agriculteurs français ont enfin la possibilité d’employer pour la prochaine campagne les néonicotinoïdes sur betteraves, l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) va évaluer, à la demande de la Commission européenne, un certain nombre d’autorisations d’urgence accordées par les États membres pour l’utilisation de cette même famille d’insecticides dans la betterave sucrière en 2020.

> À lire aussi : Dérogation sur betteraves : Le Parlement valide le retour temporaire des néonicotinoïdes (5/11/2020)

21 autorisations sous la loupe

Elle indique ainsi dans un communiqué de presse du 8 décembre 2020 que sont impliquées 21 autorisations d’urgence concernant la clothianidine, l’imidaclopride, le thiaméthoxame et le thiaclopride, accordées par l’Autriche, la Belgique, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie.

L’agence précise en effet que « l’utilisation à l’extérieur de l’imidaclopride, du thiaméthoxame et de la clothianidine a été interdite en mai 2018 et une demande de renouvellement de l’approbation du thiaclopride a été rejetée par la Commission européenne en janvier 2020 ».

Cette dernière s’apprête donc à examiner la justification des autorisations compte tenu de la situation spécifique de chaque État membre et de la disponibilité de moyens alternatifs pour protéger les cultures de betteraves sucrières.

Nouvelle méthodologie en vue

L’Efsa profitera également de l’occasion pour revoir la méthodologie utilisée pour les évaluations à la lumière des stratégies de la Commission européenne de la « ferme à l’assiette » (farm to fork) et de la biodiversité — en particulier les objectifs de réduction de l’utilisation des pesticides et la promotion d’alternatives aux pesticides.

Ainsi la nouvelle méthodologie, qui soutiendra l’harmonisation de l’utilisation des pesticides dans les États membres de l’Union européenne, devrait être disponible d’ici à la fin de 2022.

Céline Fricotté