« L’avenir de notre agriculture est devenu un sujet de débat passionnel, considère en premier lieu la tribune. Qui n’a pas un avis sur les transformations nécessaires à notre agriculture pour répondre aux nouvelles aspirations de la société ? Mais ce qui divise peut-être le plus nos concitoyens c’est la perception du rôle de la science dans ces transformations. »

« Besoin d’évolution »

« Bien souvent les remèdes d’antan ne sont pas suffisants pour résoudre ces problèmes nouveaux. Le statu quo est impuissant et l’innovation incontournable. Ce besoin d’évolution de notre agriculture est exacerbé dans le contexte d’un changement climatique qui bouleverse l’écosystème et l’écologie des ravageurs des cultures. »

Le collectif aborde notamment l’aversion d’une partie de la société à l’encontre d’une agriculture productive, aversion qui bloque les recherches sur les biotechnologies alors qu’il s’agit d’améliorer les plantes pour qu’elles deviennent plus « vertes », c’est-à-dire « résistantes aux ravageurs ou aux maladies, afin de limiter l’utilisation des produits phytosanitaires ». « Ce rejet est notamment lié à l’hostilité envers ce qui est perçu comme une collusion de la science avec l’industrie », ajoute le texte.

« Chez les bovins en particulier, une meilleure maîtrise des maladies grâce à des mesures prophylactiques, la sélection génétique et l’apport des biotechnologies de la reproduction ont permis des progrès remarquables pour améliorer la croissance des animaux à viande ou la production laitière », poursuit le collectif dans sa tribune.

Un enjeu d’avenir

« Produire plus et mieux avec moins d’intrants et de nuisances tout en améliorant le revenu des producteurs, tels sont les grands enjeux de notre agriculture. Pour cela, le progrès scientifique ne doit pas être arrêté. Il constitue au contraire le meilleur levier pour développer notre économie agricole et aussi, de loin, le meilleur allié de l’agroécologie. Il est inquiétant que nombre de nos concitoyens ne le comprennent plus », déplore le collectif.

Et de conclure : « l’agriculture de demain devra nécessairement utiliser des technologies nouvelles, non seulement fondées sur les récents acquis de la biologie moléculaire mais aussi de l’agronomie, des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), de la robotique, de l’intelligence artificielle, du spatial, etc. »

(1) Parmi les signataires : Christian Amatore (directeur de recherche émérite au CNRS) ; Jean Audouze (astrophysicien) ; Gérald Bronner (sociologue) ; Claude Cochonneau (éleveur et président des Chambres d’agriculture) ; Henri Nallet (ancien ministre de l’agriculture) ; Jean-Robert Pitte (géographe, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques) ; Alain Pompidou (professeur émérite à la faculté de médecine de Cochin) ; Cathrerine Peocaccia : sénatrice ; Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre) ; Jean-Marie Lehn : prix Nobel de chimie ; Philippe Vasseur : ancien ministre de l’Agriculture…