« L’activité des trieurs a été soutenue par l’arrivée de nombreux nouveaux clients qui, dans les secteurs affectés par les pluies 2019, sont venus compenser la réduction des besoins des agriculteurs qui disposaient de stocks de report. Le mouvement est général et dans toute la France, les trieurs ont eu à satisfaire de nouvelles demandes », se félicite le Staff dans sa note diffusée le 21 décembre 2020.

Un recours dans les moments difficiles

Les trieurs expliquent le « mouvement vers la semence de ferme » d’abord par des raisons conjoncturelles : faiblesse relative des cours des blés avant moisson et manque de visibilité économique dû à la crise sanitaire. « La semence de ferme a toujours constitué un recours pour les agriculteurs en période difficile », observe Sylvain Ducroquet, le président du Staff.

Et une évolution de fond

« Mais au-delà des circonstances de l’année, le mouvement traduit aussi une évolution de fond, insiste le syndicat pointant la part croissante de la semence de ferme depuis plusieurs années. Les firmes de produits de protection des semences estiment que plus de 60 % des produits de protection des semences sont aujourd’hui commercialisés en dehors des circuits des stations de la semence certifiée », annonce Sylvain Ducroquet.

Le président du Staff estime ainsi que « la semence de ferme a gagné plus de 10 points de parts de marché durant la dernière décennie ». Il remarque « que les temps changent et que la profession, qui avait failli disparaître en 1989 sous le coup de mesure d’interdiction gouvernementale, apparaît aujourd’hui comme un acteur indispensable à la transformation de l’agriculture française. »

Oui à l’entrée au Gnis mais sans être « dilués »

Autre satisfaction pour le Staff : l’entrée au Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants). Mais si les trieurs à façon sont favorables à s’intégrer dans l’interprofession, ils ne veulent pas « être dilués ».

« Les trieurs professionnels ont des spécificités qui doivent être prises en considération, notamment leur volonté constante de tirer la semence indépendante vers le haut, écrit le Staff. Nous ne sommes pas les défenseurs d’une semence low cost mais les promoteurs d’une semence de qualité et de proximité. Nous savons répondre au plus près aux besoins des agriculteurs et répondre aux situations les plus inattendues. Nous apportons de la résilience et de l’adaptabilité aux agriculteurs français. »

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Attente de services

Avec ses systèmes de traitement à la carte, les trieurs disent pouvoir « à la fois leur permettre de faire des économies et aussi de réduire les quantités de produits chimiques employés pour répondre aux différents enjeux en cours ».

« Sous l’effet des évolutions démographiques, le profil des clients change, observe Sylvain Ducroquet. Leurs attentes également. Le temps est révolu où ils nous demandaient uniquement un prix. Aujourd’hui, nos clients attendent des services de la part des professionnels de la semence de ferme indépendante : qualité de tri, rigueur d’application, traçabilité, information, précision, adaptabilité. »

Isabelle Escoffier